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Le vieillissement

Tous nos comédiens sont jeunes! Qui va jouer le rôle de la vieille dame aux oiseaux et du vieillard à bicyclette? Le maquillage peut venir à la rescousse…

Pour simuler un vieillissement, utilisez un fond de teint assez clair. Cherchez d’abord à exploiter les plis et les rides naturels du visage. Installez-vous devant le miroir et souriez, grimacez, froncez les sourcils, serrez les lèvres. Repérez ainsi vos traits naturels : rides sur le front, lignes du menton, pattes d’oies, creux dans les joues, plis près des lèvres, etc. Lorsque ces traits vous semblent évidents, tracez-les avec un crayon foncé (brun), estompez-les légèrement puis rehaussez-les de blanc pour en accentuer le relief (appliquez le blanc juste au dessus). Ensuite, foncez les tempes avec des ombres pour donner au visage une apparence plus osseuse. Ajoutez également une couleur foncée au-dessus des paupières supérieures et sous les sourcils (brun, rouge) pour creuser l’œil. Creusez aussi les joues et les replis du menton avec une couleur foncée.

Dessinez sous les yeux un cerne tout en respectant l’os naturel de l’œil. Ensuite, éclairez tout le volume avec du blanc pour donner plus de relief au visage : le dessus des sourcils, le dessus du nez (tout au long), près des traits foncés qui soulignent les plis allant du nez à la bouche, etc. Amincissez aussi les lèvres et pâlissez-les.

Vous pouvez aussi arriver à donner un effet de « poche » au bas des joues en appliquant du blanc juste en haut de la mâchoire inférieure, que vous foncerez également un peu en dessous.

Pâlissez aussi cheveux, sourcils, barbes et moustaches. Servez-vous d’une vieille brosse à dents et de fard blanc, et procédez par traits d’épaisseurs variables et non uniformes, pour donner un aspect naturel de poivre et sel. Pour les cils, servez-vous d’une ombre à paupière blanche.

Comme pour le maquillage général, n’oubliez pas le cou et les mains. Le même principe vaut encore ici : creusez les plis naturels et les rides en les accentuant par des traits foncés, estompez-les puis rehaussez-les avec du blanc pour en assurer le relief.

Avez-vous pensé à glisser dans votre trousse des flacons de lotion démaquillante et des éponges pour bien nettoyer votre visage? Les comédiens qui se maquillent ont intérêt à prendre un soin particulier de leur peau!

L’équipe TE

 

Le maquillage et la coiffure

Bien que le maquillage et la coiffure soient des langages techniques, ils relèvent souvent du comédien lui-même.

Mais… doit-on ou non se maquiller?

Parfois oui, parfois non. Le théâtre en plein air, s’il se veut réaliste, n’aura souvent pas besoin de l’appui d’un maquillage. Une représentation dans une petite salle sans projecteur n’en nécessitera pas non plus. Si on dispose d’un petit système d’éclairage, les gros traits et les couleurs fortes seront inadéquats. Par contre, si on possède un bon système et que la salle est plutôt grande, le maquillage sera fort utile.

Photo de Manu Camargo sur Unsplash.com

Bon, va pour le maquillage!

Si vous optez pour le maquillage, l’uniformité s’impose : tous les comédiens devraient alors être plus ou moins maquillés. Toutefois, recherchez toujours la simplicité, et n’en mettez jamais à l’excès, pour ne pas distraire l’œil du spectateur ni nuire à la crédibilité du personnage.

Il faut toujours faire des tests avec l’éclairagiste : le mélange des couleurs des projecteurs et de celles du maquillage peut parfois surprendre. Imaginez un éclairage bleu nuit projeté sur une comédienne jouant le rôle d’une Orientale et maquillée dans des tons ocres… Résultat? Notre Orientale aura le teint verdâtre et maladif! Pour cette raison, n’improvisez jamais un maquillage quelques heures avant la représentation. Préparez-le soigneusement avant la générale.

Sous un éclairage puissant, le fond de teint est nécessaire pour tous, hommes et femmes. Les projecteurs produisent des reflets lumineux sur le visage naturel, le front, les pommettes – et même le crâne dégarni de certains. L’application d’un fond de teint donnera alors un aspect mat à la peau et éliminera les reflets. Par contre, un fond de teint seul, s’il règle l’éblouissement des projecteurs, donnera aussi au visage un aspect terne et sans relief. C’est pourquoi les traits, les ombres et les couleurs ajouteront du volume et atténueront ou augmenteront les zones proéminentes ou creuses – ce qui permettra de mieux définir le personnage. Il est important de souligner les traits naturels du visage et de toujours bien estomper le maquillage, pour ne pas choquer l’œil du spectateur.

Avant le maquillage, appliquez une crème de base et laissez-la pénétrer une trentaine de minutes, puis ajoutez le fond de teint. Après avoir fait le maquillage désiré, fixez-le au moyen d’une poudre libre, afin de réduire la brillance causée par la sueur (car il fait chaud, sous les projecteurs!). Si vous changez la couleur de la peau pour montrer la nationalité d’un personnage, n’oubliez pas le cou, les oreilles, les mains, les poignets, les bras, ni même les jambes, s’il le faut.

(Allez donc aussi jeter un coup d’oeil sur notre article Le vieillissement.)

Une fois la représentation terminée, ne négligez surtout pas le démaquillage!

Et la coiffure?

Il en va de la coiffure comme du maquillage. Elle aussi sert de langage pour évoquer le caractère, l’âge, le statut social, etc. Elle doit être agréable à regarder et correspondre à l’époque où se déroule le récit. Si vous désirez « faire vrai », consultez des sites internets ou des ouvrages spécialisés pour connaître le style de coiffure d’une époque donnée. Ici encore, visez l’uniformité, la simplicité et l’efficacité.

L’équipe TE

Styles de théâtre et décor

Photo de Pascal LeCossec

Le décor dépend des exigences du metteur en scène et de la créativité du responsable du décor. Par conséquent, ce dernier aura intérêt à faire des recherches soigneuses dans divers ouvrages de référence ou sur internet. Selon le contenu de la pièce, il se documentera sur l’intérieur des maisons du début du siècle, sur les paysages des lieux bibliques, etc. Avant de passer à la confection proprement dite, il fera des croquis ou des maquettes pour les présenter au metteur en scène.

Retenez bien ceci : ce qui est inutile est toujours de trop. Il est donc essentiel de s’interroger au moment de concevoir le décor : « Cet élément est-il nécessaire? Va-t-il ajouter quelque chose à l’histoire? » Des bibelots qui ne sont là que pour « faire joli », des cadres ne servant qu’à boucher des trous, voilà des détails qui risquent de détourner inutilement l’attention du spectateur. Par contre, une lampe éteinte peut sembler inutile à première vue, pourtant elle indiquera au public que l’action se passe de jour; quelques objets précieux serviront à souligner l’opulence d’un personnage.

Bien entendu, le décor dépend de l’époque et du lieu où se déroule la pièce, mais aussi du genre de théâtre que l’on fait. Ainsi, le théâtre de rue requiert des éléments à la fois simples, symboliques, faciles à transporter et à assembler. Si on joue dans une salle, on pourra élaborer un décor plus sophistiqué.

Un décor prétentieux révèle souvent une trop grande pauvreté de jeu chez les comédiens, tandis qu’un décor simple, mais bien pensé, soutient leur jeu. Sachez être sobre, tout en demeurant efficace!

Les styles de théâtre

Il existe plus d’un style de théâtre, nous vous en proposons quatre, déjà reconnus comme des classiques. Chacun de ces styles influe forcément sur la conception des décors.

Le naturalisme

Le théâtre naturaliste, aussi appelé « hyperréalisme », reproduit la réalité de façon extrême. On y grossit tout, comme à la loupe. Le naturalisme ne présente aux spectateurs que la vérité sur la scène. On fuit toute imitation. Le public assiste donc à une véritable peinture de la vie (certains vont même jusqu’à acheter de véritables quartiers de bœuf pour faire le décor d’une boucherie, ou encore à déménager une vraie cuisine sur la scène.)

Le réalisme

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Le mot est trompeur, car le théâtre réaliste donne plutôt «l’illusion » de la réalité : on fait exactement comme si tout était réel. Toutefois, le réalisme n’est pas la réalité, il l’imite seulement : paysage en trompe-l’œil, fenêtres avec perspective, arbres et rochers en papier mâché, boiseries et meubles peints. Les fantaisies sont permises dans la mesure où elles simulent la réalité, afin de créer une ambiance. En théâtre réaliste, on croit qu’une reproduction trop fidèle de la réalité (comme dans le naturalisme) risque de nuire au jeu théâtral.

Le symbolisme

l__chelle_de_la_soci_t_102Le symbolisme exploite surtout les sentiments et les pensées, les figures et les formes pour communiquer un message. Il évoque plutôt que de copier.

Le théâtre symboliste s’oppose au réalisme et au naturalisme, puisqu’il utilise des symboles pour suggérer la réalité. Quelques éléments au milieu d’une scène nue peuvent représenter un niveau social, un état d’esprit. Des barreaux deviennent une prison, une chaire tient lieu de tribunal, une véritable échelle illustre les échelons de la société. Un morceau de tissu, une couleur, un accessoire central peuvent servir à développer tout le thème de la pièce.

Le modernisme

Photo de Ali Müftüoğulları sur Unsplash.com

Le théâtre moderniste est le monde de l’abstrait, du temps irréel, de l’espace sans limite. Le modernisme permet beaucoup de fantaisie : il nous transporte à une autre époque, nous plonge dans un lieu virtuel. Il exploite la technique (diaporamas, vidéos, bruitage, etc.), et les comédiens peuvent produire eux-mêmes des effets spéciaux, à la vue du public.

En modernisme, on peut supprimer la séparation imaginaire salle/scène qui caractérise le réalisme et le naturalisme. On peut aussi faire éclater l’aire de jeu proprement dite et occuper la salle entière. On surprend le spectateur, l’intégrant même à la pièce. Le décor peut consister en accessoires, meubles, poutres, portes et fenêtres suspendues dans le vide, etc. Le théâtre moderniste ne connaît de limites que celles de l’imagination!

Bien souvent, nous privilégions de façon naturelle un style de théâtre plutôt qu’un autre. Mais il est intéressant, et même amusant, de toucher à un peu de tout et de combiner les possibilités.

♦ Voici deux exemples simples de panneaux pour les entrées et les sorties de scène.
♦  Jetez un coup d’oeil aux toiles de Pascal LeCossec ici, ici et là.
♦ Vous trouverez surement des idées sur Church Stage Design Ideas.

L’équipe TE

La bande sonore

Par Lorraine Hamilton

Pendant un spectacle, ce sont surtout les images qui s’impriment dans notre mémoire. Notre cerveau est ainsi fait. Parmi tous les langages du théâtre, le son est celui que les spectateurs remarqueront le moins. On entend rarement de commentaires sur la qualité de la bande sonore. Sauf si elle était mauvaise.

Photo de Denis Cardoso sur Unsplash.com

La bande sonore (ou bande son) est invisible. Une pièce peut très bien exister sans elle. Cependant, puisque les sons sont indissociables de notre vie, ils existent aussi au théâtre. De simples bruitages possèdent un immense potentiel à susciter des images dans l’esprit des spectateurs. Pensez à des coups de tonnerre, à la sirène d’une ambulance… Pas besoin de tout voir pour imaginer! Parce qu’ils sont très illustratifs, les effets sonores constituent un formidable outil à la disposition du metteur en scène.

Collaboration avec le régisseur

Le metteur en scène remet au régisseur la liste de ses besoins (extraits musicaux, bruitage, etc.) ainsi que l’ordre dans lequel les effets doivent se succéder. Le technicien réunit tous les éléments sonores sur une bande et, suivant les instructions du régisseur, il les « met en marche » au bon moment durant la pièce. Pour ce faire, il se sert d’une feuille de route fixée sur la console ou tout près, afin de n’avoir à manipuler que sa console, et non une pile de feuilles.

Fade-in, fade-out

Le technicien doit veiller à ne pas faire subir aux spectateurs un début ou un arrêt trop brusque du son dans les haut-parleurs. C’est pourquoi il s’assure de toujours débuter en fade-in (montée de son lente et douce) et terminer en fade-out (descente de son lente et douce).

Vigilance

Bien entendu, le technicien doit toujours être très attentif à ce qui se déroule sur la scène! Avez-vous déjà entendu parler d’un technicien du son qui s’était endormi pendant un spectacle? Ou d’un autre qui n’a pas lancé la sonnerie du téléphone parce qu’il bavardait avec des copains? Ça arrive. Malheureusement, c’est quand ils ne sont pas au poste qu’on se rend compte de l’importance des techniciens! D’ailleurs, pensez toujours à les remercier après les représentations. Leur collaboration est précieuse.

Voir aussi:
♦ Conseils techniques en sonorisation 
♦ Bruitage: Ressources utiles

L’éclairage

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L’article suivant a été rédigé par Aurore Thériault et est reproduit avec sa permission. 

La dimension

Il existe diverses façons de placer les projecteurs. La dimension est atteinte par la position des projecteurs. Lorsqu’on regarde une scène, elle nous apparaît en deux dimensions (la hauteur et la largeur). La troisième dimension (la profondeur) est présente, mais il faut l’accentuer. Il existe différentes techniques pour la rendre plus apparente. Plusieurs efforts seront donnés par le metteur en scène et le responsable des décors pour l’accentuer. L’éclairagiste peut l’anéantir en ayant un éclairage trop puissant (tant par le nombre de projecteurs que par l’intensité de ceux-ci) dont la source provient principalement de face (front). On aura alors l’impression que tout est plat et sans relief.

dimention-1Un projecteur venant directement de face ne donne aucun relief et peut même écraser la personne et le décor.

Un angle trop haut créera des cernes sous les yeux et la bouche. C’est un angle très dur qui n’avantage pas la personne.

L’angle entre 45 et 70 degrés est le plus convenable; il donne une meilleure réflexibilité sur le visage. Aussi, l’ombre de la personne sera à peine présente car elle se reflétera surtout sur le plancher.

Un angle trop bas créera des ombres trop fortes des personnages, éclairera violemment le fond de la scène, et n’aidera pas à accentuer le relief, tant par rapport au décor qu’au visage.

dimension-22Au lieu d’avoir un seul projecteur de face qui n’apporte aucune dimension, ajoutons deux projecteurs en les croisant. Cette façon d’éclairer aide à accentuer la troisième dimension. Deux sources de lumière qui se croisent rendent la personne plus présente: lorsqu’elle regarde d’un côté ou d’un autre, il y aura toujours une source de lumière qui accroche son œil.

 

dimension-3Ajoutons un projecteur en arrière (back) ou en douche (top). La position arrière est préférable car le faisceau de lumière est plus large et permet à la personne de bouger un peu plus par rapport à la position de douche. Mais le choix des positions dépend de l’effet recherché. Ces positions avec deux projecteurs en croisé de face donnent la profondeur. Le fait d’avoir de la lumière par en arrière détachera la personne du fond du décor et rendra son corps plus sculptural.

Ainsi, nous pouvons bien éclairer une personne sur scène avec trois projecteurs et obtenir la troisième dimension. Le principe reste le même pour plusieurs projecteurs, de comédiens et décor. L’intensité des projecteurs, par après, donnera l’équilibre recherché. Il faut tenir compte de la troisième dimension non seulement pour les comédiens mais aussi pour le décor. L’intensité des projecteurs, par après, vous donnera l’équilibre recherché. N’oubliez pas qu’il faut tenir compte de la troisième dimension non seulement pour les comédiens mais aussi pour le décor.

La sélectivité (zone d’éclairage)

Le public voit tout sur la scène d’un seul coup et c’est par l’éclairage que l’on obtiendra la sélectivité. Afin d’attirer l’attention du public sur un endroit précis du décor, il suffit d’éclairer cette zone plus que les autres ou encore de faire un noir sur le reste de la scène. Très peu de changements sont parfois nécessaires pour que l’attention du public soit concentrée à l’endroit voulu.

Les zones d’éclairage seront déterminées lors de la mise en place des comédiens. L’éclairagiste, d’une certaine façon, suivra l’action afin d’éclairer tous les lieux nécessaires en rapport avec la situation et l’émotion. Après avoir pris connaissance des déplacements, il pourra établir les zones sur le plan au sol afin de déterminer la sélectivité.

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L’atmosphère

Le mot atmosphère couvre un grand éventail de situations. Une atmosphère peut être joyeuse ou malheureuse, chaude ou froide, etc. mais reste abstraite. Comment un éclairage peut-il être chaud ou froid? À ce niveau, la position des projecteurs joue un rôle, mais c’est surtout par la couleur qu’on traduit plus concrètement l’atmosphère (exemple : bleu pour la nuit, jaune pour le soleil) mais il s’agit de choisir le bleu dans la gamme qui sera la plus juste par rapport à l’action, le décor et les costumes. Pour le choix des gélatines (feuilles transparentes en plastique, souvent de couleur, que l’on insère sur les portes de grange), en règle générale, il faut choisir des gélatines pâles pour éclairer le visage, car les gélatines trop opaques peuvent changer la couleur de la peau et donner aux comédiens un teint maladif. Aussi, une gélatine trop opaque coupe de beaucoup l’intensité du projecteur. Les teintes plus foncées se retrouvent habituellement sur les cotés et les douches. N’hésitez pas à faire des tests. Il est plus facile et plus vite de changer une gélatine que de déplacer un projecteur.

Illumination (action d’éclairer)

Une scène peut être mal éclairée de deux façons : soit trop peu, soit beaucoup trop. Dans les deux cas, si on voit mal, on entendra mal. La clé de l’éclairage est une question d’équilibre qui est atteint lors des intensités d’éclairage. Si une scène est trop peu éclairée, le public devra faire un effort pour voir et sera donc moins attentif. Par contre, si la scène est trop éclairée, les reliefs du visage et les émotions passeront alors moins bien. N’hésitez pas à vous asseoir à différentes positions dans la salle afin de vous assurer que le public voit bien de partout.

Bibliographie

REID, FRANCIS, The stage lighting handbook, Pitman Publishing, 1976, 129 pages.

Voir aussi dans nos pages:
♦ 
Éclairage: conseils généraux
♦ 
Éclairage: quatre zones
♦
Éclairage: effet marin
♦
Éclairage: effet de désert