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Éclairage: Quatre zones

Bonjour,
Nous sommes un petit groupe et travaillons pour la première fois sur une comédie musicale. Nous avons repéré 4 zones de déplacement sur la scène. Nous n’avons pas du tout de matériel d’éclairage. J’aimerais savoir combien de spots sont nécessaires pour obtenir un éclairage simple à piloter, efficace et à moindre coût. La scène mesure 6,80 m (largeur) x 4,50 (profondeur)? Quel type de projecteurs (par 56-300W ?) Merci de votre réponse.
Thierry

Bonjour Thierry,

Vous nous donnez peu de détail sur les jeux d’éclairage ainsi que sur la mise en scène que vous désirez faire. Ma réponse comportera donc deux volets.

Tout d’abord, vous parlez de quatre zones de déplacements.

♦ Il peut s’agir de quatre tableaux différents à éclairer de façon générale, individuellement. Cette éventualité vous demande d’éclairer un tableau à la fois en laissant les trois autres dans l’ombre. Question mise en scène, ce genre de disposition rend plus difficile la visibilité des scènes (on tente toujours de centrer nos déplacements).

♦ Ou peut-être travaillez-vous avec une aire de jeu principale en ajoutant trois aires de jeu secondaires. À cet effet, je vous suggère de lire (et d’observer le croquis) de l’article Aires de jeu sous l’onglet Mise en scène.

Nous parlons d’éclairage général lorsque la zone principale de jeu est éclairée. Il s’agit de l’éclairage « ordinaire » qui demeure tout au long de la pièce. Il se concentre souvent au centre de la scène, zone généralement habitée durant la majeure partie de la pièce et dans laquelle se déroulent les déplacements principaux. Cela permet d’offrir une meilleure visibilité aux spectateurs.

Lorsque des jeux parallèles demandent une ambiance différente, nous laissons la zone principale de jeu (et l’éclairage général par le fait même) pour entrer dans une zone de jeu secondaire. Les zones secondaires ne demandent pas d’éclairage général : on y produit plutôt des éclairages spéciaux.

Afin d’obtenir une présence sur scène, au moins deux projecteurs de l’avant sont requis: l’un à gauche et l’autre à droite des comédiens.

Passons mantenant aux conseils et suggestions de Hugo, chef électricien chez Solotech à Québec :

“Les PAR-56 (il existe aussi des PAR-46 et des PAR-64) sont des projecteurs qui sont plutôt utilisés pour des spectacles de musique ou à l’extérieur. Il est impossible de définir des zones précises avec ce genre de lampe. En effet, elle donne un faisceau très large que nous ne pouvons contrôler (côtés, plafond, tête des spectateurs, etc.). Toutefois, ce choix d’éclairage est le moins cher et, lorsqu’il est utilisé, il doit être situé assez près de la scène.

En théâtre, pour un FOH (Front of house), nous préférons utiliser les fresnels ou les lekos. La fresnel est conçue pour le théâtre et donne une meilleure qualité pour un éclairage général. On y retrouve des « portes de grange » qui servent à découper des zones précises et laissent dans l’ombre les aires de jeu que nous ne désirons pas éclairer. Il faut toutefois mettre les rampes assez proche – à environ 25 pieds (7,5 m) de la scène. Si cette distance ne vous est pas possible, il vous faudra utiliser des lekos.

Le leko (ou la découpe – souvent 750 watts) permet d’obtenir une focalisation encore plus précise (« coupée au couteau »). Grâce à sa focalisation exceptionnelle, les rampes peuvent être installées sur une assez longue distance (plus ou moins 75 pieds, ou 22,50 m). Les fresnels comme les lekos sont sensiblement au même prix, à la location.

Dans les deux cas, il faut penser à au moins deux projecteurs par zone d’éclairage, selon l’intensité des projecteurs utilisés, la focalisation, etc. Il est difficile d’évaluer le nombre de projecteurs sans connaître la façon dont vous désirez utiliser l’éclairage (voir les zones de déplacement, plus haut). Il est possible d’utiliser deux projecteurs par aire de jeu tout en utilisant tous ces mêmes projecteurs dans l’aire de jeu principale, selon votre concept.

Il faut aussi prévoir certains autres détails, comme la console ou les gélatines (pour les fresnels) de couleur pâle de préférence (ambrées) pour l’éclairage général. ”

Si vous pouvez lire l’anglais, le site suivant offre de très bons conseils: http://www.rosco.com/

Nous espérons que ces conseils vous seront utiles!

Lorraine Hamilton

Voir aussi:
♦ L’éclairage
♦ Éclairage: conseils généraux

 

 

Éclairage: Effet marin

Photo de Nong Vang sur Unsplash.com

Bonjour,
Je suis directeur d’une troupe de théâtre au Maroc. J’ai commencé à travailler sur une pièce pour les enfants (Notre mer Méditerranée), portant sur la pollution. Je veux éclairer la scène comme si on était à l’intérieur de la mer. Merci!
Farouk

Bonjour Farouk,

Nous avons consulté Hugo, notre spécialiste, et quelques pistes sont envisageables pour rendre l’effet « eau » sur une scène. Le tout dépend, évidemment, du matériel que vous avez déjà en main et du budget mis à votre disposition.

Il existe sur le marché certains projecteurs indépendants qui sont conçus pour simuler la création de vagues, de flammes ou autres effets spéciaux. On peut se procurer ce genre de projecteur chez un détaillant spécialisé en éclairage. Certains offrent aussi la possibilité de louer ce matériel.

Une technique peut aussi s’adapter aux projecteurs de style « la découpe », ou plus communément appelés lekos (projecteurs qui permettent d’obtenir une focalisation précise). Il existe des supports (holder, ou porte-gobo) qui sont statiques et d’autres qui sont rotatifs. Certains gobos (insérés dans le porte-gobo) colorent et donnent une texture à la scène. Les porte-gobo rotatifs, quant à eux, peuvent créer l’impression de vagues. Bien que cet équipement donne l’impression d’un mouvement, la vague n’est pas très réaliste. Encore ici, le détaillant en éclairage vous conseillera.

Il existe aussi sur le marché des « projecteurs asservis », communément appelés moving lights, à contrôle entièrement électronique. Le technicien peut effectuer ses choix à partir d’une console pour changer les formes et les flux lumineux ou encore les programmer. Ce choix s’avère toutefois coûteux.

Finalement, Hugo mentionne que vous pourriez simplement utiliser un projecteur vidéo relié à un ordinateur portable avec lequel vous pouvez reproduire une ambiance intéressante. Certains effets d’eau se trouvent déjà sur internet… il suffirait de trouver le bon et de le télécharger.

Lorraine

Voir aussi:
♦ L’éclairage
♦ Éclairage: conseils généraux

Le vieillissement

Tous nos comédiens sont jeunes! Qui va jouer le rôle de la vieille dame aux oiseaux et du vieillard à bicyclette? Le maquillage peut venir à la rescousse…

Pour simuler un vieillissement, utilisez un fond de teint assez clair. Cherchez d’abord à exploiter les plis et les rides naturels du visage. Installez-vous devant le miroir et souriez, grimacez, froncez les sourcils, serrez les lèvres. Repérez ainsi vos traits naturels : rides sur le front, lignes du menton, pattes d’oies, creux dans les joues, plis près des lèvres, etc. Lorsque ces traits vous semblent évidents, tracez-les avec un crayon foncé (brun), estompez-les légèrement puis rehaussez-les de blanc pour en accentuer le relief (appliquez le blanc juste au dessus). Ensuite, foncez les tempes avec des ombres pour donner au visage une apparence plus osseuse. Ajoutez également une couleur foncée au-dessus des paupières supérieures et sous les sourcils (brun, rouge) pour creuser l’œil. Creusez aussi les joues et les replis du menton avec une couleur foncée.

Dessinez sous les yeux un cerne tout en respectant l’os naturel de l’œil. Ensuite, éclairez tout le volume avec du blanc pour donner plus de relief au visage : le dessus des sourcils, le dessus du nez (tout au long), près des traits foncés qui soulignent les plis allant du nez à la bouche, etc. Amincissez aussi les lèvres et pâlissez-les.

Vous pouvez aussi arriver à donner un effet de « poche » au bas des joues en appliquant du blanc juste en haut de la mâchoire inférieure, que vous foncerez également un peu en dessous.

Pâlissez aussi cheveux, sourcils, barbes et moustaches. Servez-vous d’une vieille brosse à dents et de fard blanc, et procédez par traits d’épaisseurs variables et non uniformes, pour donner un aspect naturel de poivre et sel. Pour les cils, servez-vous d’une ombre à paupière blanche.

Comme pour le maquillage général, n’oubliez pas le cou et les mains. Le même principe vaut encore ici : creusez les plis naturels et les rides en les accentuant par des traits foncés, estompez-les puis rehaussez-les avec du blanc pour en assurer le relief.

Avez-vous pensé à glisser dans votre trousse des flacons de lotion démaquillante et des éponges pour bien nettoyer votre visage? Les comédiens qui se maquillent ont intérêt à prendre un soin particulier de leur peau!

L’équipe TE

 

Le maquillage et la coiffure

Bien que le maquillage et la coiffure soient des langages techniques, ils relèvent souvent du comédien lui-même.

Mais… doit-on ou non se maquiller?

Parfois oui, parfois non. Le théâtre en plein air, s’il se veut réaliste, n’aura souvent pas besoin de l’appui d’un maquillage. Une représentation dans une petite salle sans projecteur n’en nécessitera pas non plus. Si on dispose d’un petit système d’éclairage, les gros traits et les couleurs fortes seront inadéquats. Par contre, si on possède un bon système et que la salle est plutôt grande, le maquillage sera fort utile.

Photo de Manu Camargo sur Unsplash.com

Bon, va pour le maquillage!

Si vous optez pour le maquillage, l’uniformité s’impose : tous les comédiens devraient alors être plus ou moins maquillés. Toutefois, recherchez toujours la simplicité, et n’en mettez jamais à l’excès, pour ne pas distraire l’œil du spectateur ni nuire à la crédibilité du personnage.

Il faut toujours faire des tests avec l’éclairagiste : le mélange des couleurs des projecteurs et de celles du maquillage peut parfois surprendre. Imaginez un éclairage bleu nuit projeté sur une comédienne jouant le rôle d’une Orientale et maquillée dans des tons ocres… Résultat? Notre Orientale aura le teint verdâtre et maladif! Pour cette raison, n’improvisez jamais un maquillage quelques heures avant la représentation. Préparez-le soigneusement avant la générale.

Sous un éclairage puissant, le fond de teint est nécessaire pour tous, hommes et femmes. Les projecteurs produisent des reflets lumineux sur le visage naturel, le front, les pommettes – et même le crâne dégarni de certains. L’application d’un fond de teint donnera alors un aspect mat à la peau et éliminera les reflets. Par contre, un fond de teint seul, s’il règle l’éblouissement des projecteurs, donnera aussi au visage un aspect terne et sans relief. C’est pourquoi les traits, les ombres et les couleurs ajouteront du volume et atténueront ou augmenteront les zones proéminentes ou creuses – ce qui permettra de mieux définir le personnage. Il est important de souligner les traits naturels du visage et de toujours bien estomper le maquillage, pour ne pas choquer l’œil du spectateur.

Avant le maquillage, appliquez une crème de base et laissez-la pénétrer une trentaine de minutes, puis ajoutez le fond de teint. Après avoir fait le maquillage désiré, fixez-le au moyen d’une poudre libre, afin de réduire la brillance causée par la sueur (car il fait chaud, sous les projecteurs!). Si vous changez la couleur de la peau pour montrer la nationalité d’un personnage, n’oubliez pas le cou, les oreilles, les mains, les poignets, les bras, ni même les jambes, s’il le faut.

(Allez donc aussi jeter un coup d’oeil sur notre article Le vieillissement.)

Une fois la représentation terminée, ne négligez surtout pas le démaquillage!

Et la coiffure?

Il en va de la coiffure comme du maquillage. Elle aussi sert de langage pour évoquer le caractère, l’âge, le statut social, etc. Elle doit être agréable à regarder et correspondre à l’époque où se déroule le récit. Si vous désirez « faire vrai », consultez des sites internets ou des ouvrages spécialisés pour connaître le style de coiffure d’une époque donnée. Ici encore, visez l’uniformité, la simplicité et l’efficacité.

L’équipe TE

Styles de théâtre et décor

Photo de Pascal LeCossec

Le décor dépend des exigences du metteur en scène et de la créativité du responsable du décor. Par conséquent, ce dernier aura intérêt à faire des recherches soigneuses dans divers ouvrages de référence ou sur internet. Selon le contenu de la pièce, il se documentera sur l’intérieur des maisons du début du siècle, sur les paysages des lieux bibliques, etc. Avant de passer à la confection proprement dite, il fera des croquis ou des maquettes pour les présenter au metteur en scène.

Retenez bien ceci : ce qui est inutile est toujours de trop. Il est donc essentiel de s’interroger au moment de concevoir le décor : « Cet élément est-il nécessaire? Va-t-il ajouter quelque chose à l’histoire? » Des bibelots qui ne sont là que pour « faire joli », des cadres ne servant qu’à boucher des trous, voilà des détails qui risquent de détourner inutilement l’attention du spectateur. Par contre, une lampe éteinte peut sembler inutile à première vue, pourtant elle indiquera au public que l’action se passe de jour; quelques objets précieux serviront à souligner l’opulence d’un personnage.

Bien entendu, le décor dépend de l’époque et du lieu où se déroule la pièce, mais aussi du genre de théâtre que l’on fait. Ainsi, le théâtre de rue requiert des éléments à la fois simples, symboliques, faciles à transporter et à assembler. Si on joue dans une salle, on pourra élaborer un décor plus sophistiqué.

Un décor prétentieux révèle souvent une trop grande pauvreté de jeu chez les comédiens, tandis qu’un décor simple, mais bien pensé, soutient leur jeu. Sachez être sobre, tout en demeurant efficace!

Les styles de théâtre

Il existe plus d’un style de théâtre, nous vous en proposons quatre, déjà reconnus comme des classiques. Chacun de ces styles influe forcément sur la conception des décors.

Le naturalisme

Le théâtre naturaliste, aussi appelé « hyperréalisme », reproduit la réalité de façon extrême. On y grossit tout, comme à la loupe. Le naturalisme ne présente aux spectateurs que la vérité sur la scène. On fuit toute imitation. Le public assiste donc à une véritable peinture de la vie (certains vont même jusqu’à acheter de véritables quartiers de bœuf pour faire le décor d’une boucherie, ou encore à déménager une vraie cuisine sur la scène.)

Le réalisme

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Le mot est trompeur, car le théâtre réaliste donne plutôt «l’illusion » de la réalité : on fait exactement comme si tout était réel. Toutefois, le réalisme n’est pas la réalité, il l’imite seulement : paysage en trompe-l’œil, fenêtres avec perspective, arbres et rochers en papier mâché, boiseries et meubles peints. Les fantaisies sont permises dans la mesure où elles simulent la réalité, afin de créer une ambiance. En théâtre réaliste, on croit qu’une reproduction trop fidèle de la réalité (comme dans le naturalisme) risque de nuire au jeu théâtral.

Le symbolisme

l__chelle_de_la_soci_t_102Le symbolisme exploite surtout les sentiments et les pensées, les figures et les formes pour communiquer un message. Il évoque plutôt que de copier.

Le théâtre symboliste s’oppose au réalisme et au naturalisme, puisqu’il utilise des symboles pour suggérer la réalité. Quelques éléments au milieu d’une scène nue peuvent représenter un niveau social, un état d’esprit. Des barreaux deviennent une prison, une chaire tient lieu de tribunal, une véritable échelle illustre les échelons de la société. Un morceau de tissu, une couleur, un accessoire central peuvent servir à développer tout le thème de la pièce.

Le modernisme

Photo de Ali Müftüoğulları sur Unsplash.com

Le théâtre moderniste est le monde de l’abstrait, du temps irréel, de l’espace sans limite. Le modernisme permet beaucoup de fantaisie : il nous transporte à une autre époque, nous plonge dans un lieu virtuel. Il exploite la technique (diaporamas, vidéos, bruitage, etc.), et les comédiens peuvent produire eux-mêmes des effets spéciaux, à la vue du public.

En modernisme, on peut supprimer la séparation imaginaire salle/scène qui caractérise le réalisme et le naturalisme. On peut aussi faire éclater l’aire de jeu proprement dite et occuper la salle entière. On surprend le spectateur, l’intégrant même à la pièce. Le décor peut consister en accessoires, meubles, poutres, portes et fenêtres suspendues dans le vide, etc. Le théâtre moderniste ne connaît de limites que celles de l’imagination!

Bien souvent, nous privilégions de façon naturelle un style de théâtre plutôt qu’un autre. Mais il est intéressant, et même amusant, de toucher à un peu de tout et de combiner les possibilités.

♦ Voici deux exemples simples de panneaux pour les entrées et les sorties de scène.
♦  Jetez un coup d’oeil aux toiles de Pascal LeCossec ici, ici et .
♦ Vous trouverez surement des idées sur Church Stage Design Ideas.

L’équipe TE