Tous les articles par Chantal et Lorraine

La poussière retombe…

Par Chantal Bilodeau-Legendre

Vous faites quoi, après votre programme de Noël? Si vous êtes comme moi, les quelques pépins tombent dans l’oubli et de belles images affluent dans votre esprit, se transformant en autant de bons souvenirs à se remémorer longtemps. Il y a les comment-on-a-rattrapé-et-personne-n’a-rien-vu. Il y a les gestes spontanés (et imprévus!) des petits. Il y a aussi le public, son attention, ses rires, ses applaudissements parfois inattendus.

Tout de suite après une représentation, alors que nous sommes encore fébriles, que l’animateur dit le mot de la fin et que l’assemblée entonne un ou deux derniers chants, j’aime réunir tous mes comédiens à part, pour parler de nos bons coups, comme je les appelle – ce que chacun et chacune a fait avec brio.

Puis, nous prenons le temps de remercier Jésus, là, tout de suite. C’est pour lui qu’on dit jouer, c’est lui qu’on a supplié de nous aider, c’est à cause de lui qu’on a persévéré au fil des semaines. C’est vers lui que doit s’élever notre reconnaissance. Car Jésus a été là, orchestrant le tout et se servant de nos talents pour véhiculer le message de son Évangile.

Certes, on reçoit avec joie compliments et félicitations – je les prends comme autant de bonnes paroles de la part de mon Sauveur. Cependant, mon cœur se gonfle toujours de remerciements et d’éloges envers celui qui nous a menés jusqu’au bout de ce projet et qui pose sur nous un regard plein d’amour.

Le confiseur: une idée de mise en scène

Par Chantal Bilodeau-Legendre

Cette année-là, j’ai voulu monter le conte Le confiseur au grand cœur, que j’avais renommé pour nous « Le Noël du confiseur ». Mon intention était d’assurer la narration discrètement pendant le jeu des comédiens et les prestations de la chorale. J’ai appelé Lorraine pour lui parler de notre travail. Après m’avoir écoutée, elle m’a fait voir que la narratrice devait être un personnage à part entière dans la pièce – une dame connue de tous les villageois, qui invite le public à entrer dans l’intimité de la confiserie et qui lui offre l’exclusivité d’une histoire. Elle entre et sort de la boutique, se promène dans la rue, salue les villageois au passage… Bref, la narratrice n’est plus une simple voix, mais une présence dynamique.

Le texte reste le même, mais la façon de le dire change. Une dimension nouvelle s’ajoute.

Lorraine me convainc sans difficulté, car dès ses premières réflexions à ce sujet, je vois vivre la dame. Je trouve ce nouveau personnage attachant. O.K. J’embarque : cette année, je joue.

Mais le hic, c’est que jouer et mettre en scène en même temps (c’est-à-dire gérer un bon groupe de figurants) est plutôt difficile à concilier, sinon presque impossible. Lorraine n’a pas tardé à s’offrir pour faire la mise en scène. O joie!

Lorraine et moi avons donc travaillé ensemble à produire une pièce! Depuis plusieurs années déjà nous faisons du théâtre ensemble à distance (par téléphone,  par courriel), car plus de 100 km nous séparent. Mais voilà qu’elle assiste à nos répétitions et dirige notre équipe de comédiens!

Notre programme de Noël a été un franc succès. Si à votre tour vous présentez cette pièce, et que vous avez une expérience à partager, n’hésitez pas à nous en faire part!

Enchainement rythmé: une étape essentielle

Par Lorraine Hamilton

Lorsqu’on répète une pièce, on progresse un peu de la manière suivante, selon la longueur et la difficulté des scènes :

♦ Semaine 1 : Travail de la scène 1 (acte 1)
♦ Semaine 2 : Travail des scènes 2 et 3 (acte 1)
♦ Semaine 3 : Travail des scènes 4, 5 et 6 (acte 1)
♦ Semaine 4 : Enchainement des scènes de tout l’acte 1
♦ Semaine 5 : Travail de la scène 1 (acte 2)
et ainsi de suite jusqu’à…
♦ Semaine 12 : Enchainement des actes 1 et 2

Enchainement

Chaque fois qu’on reprend les scènes ou les actes depuis le début, on fait un enchainement. Les enchainements sont essentiels pour ne pas oublier le travail accompli depuis le commencement des répétitions.

Enchainement rythmé

Il arrive que les comédiens développent des mécanismes désagréables en cours de route. Les enchainements rythmés peuvent servir à les briser, aidant ainsi les comédiens à retrouver un jeu naturel.

En quoi consiste un enchainement rythmé?

Le metteur en scène impose diverses conditions d’exécution aux comédiens pendant leur jeu, et ce, à toutes les 30 ou 60 secondes environ.

Chaque fois que je fais des enchainements rythmés, j’obtiens des résultats étonnants! Non seulement mes comédiens ont un plaisir fou, mais leur jeu gagne en souplesse et en fraicheur. Lorsqu’ensuite nous reprenons en mode « normal », je constate que les mécanismes ternes ont disparu!

Voici plusieurs exemples de situations que j’impose à mes comédiens. Plus elles sont farfelues, plus ils s’amusent, meilleur est leur jeu.

« Tout en disant votre texte… »

  • Vous avez un accent anglais (marseillais, russe, chinois, allemand…)
  • Vous êtes sur la lune en état d’apesanteur.
  • Vous êtes des poissons dans l’océan.
  • Vous êtes dans une caverne où il y a de l’écho.
  • Attention, le plafond va vous tomber dessus!
  • Il y a un bombardement d’avion.
  • Des tarentules essaient de monter sur vos jambes.
  • Vous êtes des cowboys au Far West.
  • Vous avez très mal au ventre.
  • Vous avez envie de vomir.
  • Vous avez la grippe (éternuez, mouchez, toussez).
  • Vous pleurez à chaudes larmes.
  • Vous riez aux éclats.
  • Vous chantez comme des chanteurs d’opéra.
  • Vous êtes des poules dans une bassecour.
  • Vous êtes des marionnettes à fils.
  • Vous fondez comme un bonhomme de neige au soleil.
  • Il fait très froid.
  • Il vente à arracher les toits.
  • Vous êtes sur un bateau où il y a de la houle.
  • Vous tombez de sommeil.
  • Vous êtes de petits bébés.
  • Vous marchez sur un champ de mines antipersonnelles.
  • Vous êtes cernés par une meute de loups.
  • Vous manquez d’air.
  • Vous êtes des guerriers de l’espace.
  • Vous êtes des chimpanzés dans un zoo.
  • Vous êtes des danseurs de ballet.
  • Vous descendez une pente de ski.
  • Vous êtes emportés par une tornade.
  • Vous êtes des chatons.
  • Vous êtes des lions.
  • Vous traversez dans une tempête de sable.
  • Vous glissez sur de l’huile.
  • Vous marchez sur des braises ardentes.
  • Vous sautez sur un énorme trampoline.
  • … À vous maintenant de trouver des idées!

Bon enchainement!

Voir aussi:

Dossier ÉCRITURE

Vous désirez écrire des pièces et quelques petits conseils seraient les bienvenus? Nous avons groupé ici des ressources qui nous semblent particulièrement utiles pour vous aider à rédiger des textes de théâtre.

Articles parus dans nos pages

Livres sur l’écriture dramatique

  • Le petit guide d’écriture dramatique, de Michel Ouellette, publié par Theatre Action
  • Enseigner l’écriture théâtrale, de Sophia Chapadjiev, publié par Dramaction

Ailleurs sur la Toile…

Dans un moteur de recherche, tapez écrire une pièce de théâtre… et partez à la découverte! Mais voici quelques idées:

Conseils simples pour l’écriture

Photo de Patrick Fore sur Unsplash.com

Par Chantal Bilodeau-Legendre

Avant d’écrire…

… il faut apprendre à lire. De même, avant d’écrire des pièces, il faut en lire beaucoup, pour savoir comment on fait. Bien entendu, on choisira des pièces bien bâties! Fréquentez les grands auteurs, vous ne vous tromperez pas. Vous trouverez de nombreux titres dans la section théâtre de votre bibliothèque scolaire ou municipale. (Un bon nombre d’œuvres appartenant au domaine public sont maintenant disponibles sur internet. Allez notamment jeter un coup d’œil du côté de Wikipédia.)

Visez un but…

… et un seul! On a parfois tant à dire qu’on dit tout. Notre texte contient alors tellement de petits messages qu’on ne sait plus quel en est le principal. Le spectateur non plus, d’ailleurs. Ne vous éparpillez pas, quitte à produire deux, trois, dix, vingt, cent autres pièces pour communiquer tout ce qui bouillonne dans votre esprit!

Une fois que vous avez écrit…

… relisez-vous, et faites-vous relire. Accueillez la critique de bonne grâce. Les textes de théâtre (comme tous les autres d’ailleurs) requièrent d’habitude beaucoup de réécriture. Ne vous découragez pas. Commencez par de courtes pièces, puis augmentez à mesure que vous acquérez de l’expérience.

Sus au superflu!

Si, dans la « vraie vie », beaucoup de paroles vaines sont proférées, beaucoup de gestes inutiles posés, il ne doit pas en être ainsi sur la scène. Tous les éléments d’une pièce (personnages, indications scéniques, propos, changements de décor, accessoires, etc.) doivent avoir un but. Débarrassez-vous de tout ce qui ne sert pas à appuyer le message central, sinon les spectateurs risquent de s’ennuyer ou de se demander, « Mais on s’en va où, comme ça? »

Crédibilité – personnages et actions

Pour créer des personnages crédibles, apprenez à observer les gens qui vous entourent, connus et inconnus. Même si on ne cherche pas à reproduire la réalité, on doit viser à rejoindre les spectateurs en leur présentant des personnages auxquels ils peuvent s’identifier d’une manière ou d’une autre.

Pour ma part, j’aime suivre l’évolution émotionnelle et psychologique d’un personnage. Autrement dit, si par exemple Ernestine la-dure-à-cuire choisit de placer sa confiance en Jésus à la fin de l’histoire, je veux savoir ce qui s’est passé dans son cœur. Sinon, je ne marche pas. Un changement d’attitude résulte d’une activité intérieure… Il faut la montrer. En mots, en gestes, en musique, en silence (eh oui!), peu importe. Apprenez à montrer le « chemin » que le personnage a emprunté pour aller de A (situation de départ) à Z (situation finale).

Et Dieu, dans tout ça?

Dieu est Créateur et créatif. C’est de lui que viennent les bonnes idées. N’est-ce pas pour lui que vous voulez écrire? Parlez-lui de vos projets. Il en est le principal intéressé.

Voir aussi: