Tous les articles par Chantal et Lorraine

Une aventure captivante!

Par Chantal Bilodeau-Legendre

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Dire le texte d’un Évangile. Non pas jouer une pièce de théâtre, mais faire vivre le message même du récit biblique. N’y ajouter rien d’autre qu’un véhicule physique : des hommes et des femmes, leurs voix, leurs silences, leurs corps pour porter ce message.

Relever un tel défi requiert tout un « avant » : une démarche qui fait découvrir le texte et se l’approprier –  en effet, il faut le découvrir, ce texte à la fois simple et profond! Il faut l’intégrer, l’assimiler, le prendre pour soi afin de l’offrir aux autres, pour qu’à leur tour ils le découvrent, l’assimilent et le prennent pour eux-mêmes… Car la Parole est vivante et interpelle ses lecteurs et ses auditeurs. Et ce sont les comédiens qui, les premiers, devraient entendre cet appel vivant.

Le groupe AVENTURES a mis en scène l’Évangile de Marc et l’a présenté plusieurs dizaines de fois. Découvrez leur cheminement – depuis la découverte du texte jusqu’à sa présentation. Quels principes de mise en scène se sont imposés? Et puis, comment offrir au public un texte captivant lorsqu’on n’est que quatre personnes à le dire?

J’ai eu un plaisir immense à lire les réflexions d’Alain Combes à ce sujet. Je vous invite à partager ce plaisir et à vous laisser inspirer à votre tour.

Lire l’article : L’Évangile de Marc : Découverte et mise en scène.

Visiter le site : La Bible en public.

Crevé? (ou: Apprendre à déléguer)

par Chantal Bilodeau-Legendre

Il m’est déjà arrivé d’être à plat dans mon ministère de théâtre – surtout vers la fin d’une production. Plus d’une fois, à l’approche de la date fatidique (celle de la présentation publique!), j’ai été à bout de souffle et je me suis dit : « Plus jamais! C’est trop exigeant! »

C’est vrai qu’un ministère de théâtre est exigeant, surtout si, comme je l’ai fait trop souvent, on s’occupe de rédiger le texte, recruter les comédiens, faire la mise en scène, gérer costumes et décors… De tout, quoi. Mon erreur était de ne déléguer pratiquement rien. Et non seulement je ne déléguais pas, mais je ne faisais pas connaître mes besoins véritables à mon église.

J’étais jeune, sans enfants, pleine de dynamisme à cette époque. Je pouvais gaspiller mon énergie à faire moi-même ce que d’autres auraient pu faire à ma place. Aujourd’hui, je ne suis plus aussi jeune, j’ai des enfants et j’économise mon énergie! Je n’ai plus le choix. Si je veux continuer à faire du théâtre (car j’aime ça et c’est ce que le grand Metteur en scène m’a demandé!), je gagnerai à exploiter les talents qui pullulent dans mon église.

Tiens! Monika peut découper ce large pan de tissu et passer quelques coutures pour habiller tous nos bergers! Linda et ses filles acceptent de confectionner des coffrets pour les mages, des rouleaux pour les scribes, un sceptre et une couronne pour Hérode! Réjean fabrique une mangeoire avec quelques planches! Yan grimpe à l’échelle pour changer la couleur des spots et faire des tests d’éclairage! Sans parler de la rédaction du bulletin à remettre aux spectateurs, de la gestion des costumes (et des jeunes comédiens!) entre les scènes… Quelle belle équipe je viens de découvrir!

Certes, je garde un œil sur ce qui se fait : je supervise. Je ne fais pas tout, et je me rends compte que le travail des autres est bien fait – voire mieux fait – quand je le confie à des personnes compétentes et dignes de confiance.

Voici quelques vérités que j’ai apprises sur le chemin de la délégation des tâches :

♦ En faisant connaître mes besoins à l’assemblée (costumes, accessoires, supervision des enfants, etc.), je donne à plusieurs l’occasion d’exploiter leur créativité et de servir le Seigneur avec leurs talents.

♦ Lorsque je délègue une tâche, mes attentes doivent être réalistes. Je suis en droit de demander un travail bien fait, mais pas la perfection – ou ce que je perçois comme telle. Je dois laisser à l’autre de la latitude dans l’exécution de sa tâche, sachant que c’est aussi une occasion pour elle ou lui d’apprendre et de faire des progrès.

♦ Si je prie Dieu de me guider vers les bonnes personnes – et de faire venir à moi les bonnes personnes – il le fera. Le plan qu’il a préparé d’avance concerne souvent des gens que je ne soupçonne pas toujours! J’aime me laisser surprendre par lui.

♦ Déléguer me libère l’esprit et me permet d’être plus efficace dans ce qui est ma force : écriture et mise en scène. Je ne m’éparpille plus autant. Et je ne suis plus crevée à la fin de notre production!

Yeshua s’était entouré de collaborateurs pour le moins disparates. Yohan et James avaient un tempérament plutôt fougueux, qu’ils ont appris à dominer avec le temps. Peter était ce qu’on pourrait appeler une « grande gueule », prompt à faire des promesses, mais pas à les tenir! Lui aussi a appris. Tom avait souvent besoin d’être rassuré. Parmi les gens de son entourage, il y avait les sœurs Myriam et Martha, l’une contemplative, l’autre hyperactive. Quand Yeshua a dû partir, une poignée d’hommes ont poursuivi le boulot. D’autres hommes et femmes plus ou moins compétents (à mes yeux, en tout cas!) se sont joints à eux. Ensemble ils ont bouleversé le monde.

Dieu prend plaisir à faire progresser son œuvre tout en faisant valoir la diversité et les faiblesses de ceux qui l’aiment et lui font confiance. À son exemple, je peux choisir d’avoir un ministère de théâtre où, dans la plus belle diversité, les faiblesses des uns côtoient les forces des autres, où les dons de chacun sont mis à profit en une belle harmonie. Ensemble, nous pourrons ainsi offrir au public, mais à Dieu d’abord, un service créatif empreint d’humilité et de gratitude.

Vous aimerez peut-être aussi:
♦ Gardez votre calme!

 

Types d’espaces de jeu

On peut faire du théâtre n’importe où : sur une estrade, à l’église, dans un gymnase, en pleine rue, dans un parc, dans une salle moderne équipée d’un système de son et de projecteurs dernier cri… Une troupe aura du plaisir à s’adapter à toutes sortes d’espaces de jeu. Mais il faut retenir une chose : le bon théâtre évangélique ne dépend pas d’un lieu physique, mais plutôt des hommes et des femmes qui le préparent, dans la prière, avec les moyens que le Seigneur leur a donnés.

Néanmoins, il est intéressant de connaître les espaces de jeu possibles et les avantages de chacun.

La scène conventionnelle

scene-conventionnelleLa scène conventionnelle, aussi appelée scène à l’italienne, est la plus fréquente. Elle ressemble à une boîte rectangulaire surélevée à trois côtés – la partie avant forme le « quatrième mur » et consiste en une barrière psychologique entre le public et la scène. On la rencontre souvent dans les salles de spectacles et les écoles.

On a inventé ce genre de scène pour cacher les coulisses, les changements de décor, ainsi que les entrées et les sorties des comédiens. Il est simple d’y concevoir des décors puisque le spectateur se trouve toujours face à la scène.

La scène en rond

scene-en-rondLa scène en rond (ou arène), la plus ancienne, est ouverte à 360 degrés. Les comédiens jouent au centre, tandis que les spectateurs prennent place tout autour. Cet espace est celui de la rue et des places publiques. Les décors y sont souvent inexistants ou simplement symboliques : quelques accessoires, un arbre, un banc.

La scène en rond impose toutefois certaines contraintes aux comédiens : pas de coulisses, impossible de ne jamais tourner le dos aux spectateurs, entrées et sorties sous les yeux du public.

L’amphithéâtre

L’amphithéâtre (ou théâtre grec) remonte à plusieurs siècles. Cette scène surélevée, dont les trois côtés avant sont occupés par les spectateurs, offre à ces derniers une excellente visibilité.

amphitheatreDans un amphithéâtre, la grande partie des décors se trouve plutôt à l’arrière de la scène, l’avant-scène ne comportant que quelques éléments. On retrouve des amphithéâtres dans certaines grandes salles et parfois aussi en plein air.

Espace éclaté

Nous parlons d’espace éclaté lorsque toute frontière est abolie : la scène et la salle se confondent en un même lieu. Ce type de scène peut se trouver en plein air, ou même dans une grande salle ou un gymnase.

L’espace éclaté n’implique pas nécessairement un contact direct entre les comédiens et les spectateurs. Il est possible d’y exploiter des jeux forts originaux, tout en conservant une distance psychologique par rapport au public. Par exemple, des personnages dispersés parmi le public « entrent » et « sortent » de façon inattendue; ils s’interpellent d’un bout à l’autre de l’espace de jeu, leur voix planant au-dessus des têtes; ils évoluent en faisant abstraction du public. En général, les spectateurs prennent plaisir à ces surprises, puisque l’action se déroule tout autour d’eux.

Vous avez déjà certainement vos contraintes et vos préférences. Que l’espace dont vous disposez soit vaste et bien pourvu, ou au contraire restreint et peu pratique, exploitez-le avec reconnaissance. Relevez le défi de faire du théâtre créatif là où le Seigneur vous conduit. En toutes choses, glorifiez-le avec l’ouvrage de vos mains!

Voir aussi:
♦ Styles de théâtre et décor
♦ Aires de jeu
♦ Jardin ou cour?
♦ Conseils pour le théâtre de rue

 

 

 

 

 

 

Supportez-vous!

Par Chantal Bilodeau-Legendre

« Oui, je fais du théâtre dans mon église, me dit la jeune femme. Mais je préfère travailler seule. C’est plus simple. »

C’est vrai qu’il est plus facile de limiter son ministère de théâtre à des monologues ou des mimes en solo. Pourtant, un ministère collectif (qui n’exclut pas nécessairement monologues et mimes en solo!) me semble tellement enrichissant! Enrichissant au sens de « profitable ».

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Photo de Imagebase

Supportez-vous les uns les autres…

Le travail d’équipe est une occasion idéale de mettre cette exhortation de Paul en pratique! En effet, il exige l’apprentissage de la solidarité, du partage, de la patience, de la compassion, du don de soi. Comment apprendre à supporter les autres si on évite les contacts avec eux? Le théâtre en église offre une foule d’occasion de côtoyer des gens très différents de nous et d’être pour eux une source de soutien et d’encouragement.

… et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre…

Un ministère collectif comporte inévitablement son lot de frustrations. Des tempéraments opposés entrent en collision. Des divergences d’opinion surgissent. Des imprévus chez l’un ou chez l’autre bousculent l’horaire des répétitions. Il n’est pas rare que durant la production d’une pièce de théâtre certains participants finissent par se tomber sur les nerfs! Édith n’a pas mémorisé son texte. Julien fait le pitre durant les exercices de théâtre. Suzie est timide à en pleurer : on l’entend à peine quand elle parle. Jim et Joe ne cessent pas de s’asticoter quand la metteure en scène a le dos tourné… Pourquoi tous n’ont-ils pas le même degré de talent, de sérieux, de consécration? Pour la simple raison que chacun et chacune est unique – et pécheur par surcroit!

… pardonnez-vous mutuellement.

Le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. Je crois que l’apprentissage du pardon « non-stop » est un avantage indéniable du travail d’équipe. Accepter les différences de l’autre (ou les « endurer »!) et lui pardonner ses erreurs et ses faiblesses, à l’exemple de Christ, voilà qui est formateur!

Car le théâtre en église n’est pas simplement un divertissement, mais d’abord et avant tout un lieu de rencontre pour ceux et celles qui veulent servir Dieu et porter son message par le moyen de l’expression dramatique. Et ce lieu de rencontre devient une occasion de croissance, tant pour les comédiens que pour les metteurs en scène et les techniciens. Si nous mettons en pratique les préceptes que Dieu nous donne, notre ministère portera du fruit non seulement au sein de l’équipe même, mais jusque dans le cœur des gens qui recevront notre message. Et alors, tout l’honneur rejaillira sur Dieu.


Les sous-titres ce texte correspondent à Colossiens 3.13. Citation extraite de la Bible Le Semeur. © Copyright 1992. Société biblique internationale. Avec permission.

 

Le ton

Par Lorraine Hamilton

Vous a-t-on parlé du ton? Mais qu’attend-t-on? Et sur quel ton en parle-t-on? Sur un ton sérieux ou un ton léger? Sur un ton acerbe ou un ton plaisant? Sur un ton sévère ou un ton doux? Sur un ton dur ou un ton tendre? Sur un ton flatteur ou un ton sincère? Sur un ton grossier ou un ton aimable? Tant de tons racontent le ton, dit-on! Mais si l’on s’étonne de mon ton tonique, comment supportera-t-on mon ton tonnant?

Photo de Alexandre St-Louis sur Unsplash.com

Une grande partie de la communication verbale passe par le ton de la voix. C’est d’ailleurs grâce au ton que je peux deviner si mon interlocuteur est aimable ou glacial, s’il est sincère ou ironique, si son humeur est bonne ou maussade.

Le ton est la « qualité sonore d’une voix, en fonction de sa hauteur, de son intensité et de son timbre ». Le ton est la « façon de parler, qui révèle un sentiment, une intention ou qui est adaptée à une situation ». (Antidote)

Comment trouver le ton?

Il n’existe pas de règle fixe pour donner à un personnage le ton approprié. Imprégnez-vous du texte. Répétez, répétez et répétez! Chaque tirade contient des idées enveloppées d’émotions. Aussi, assimilez vos tirades, en réfléchissant bien au sens des mots. Tenez compte des différentes nuances et variations dans votre texte : silences, rythme, énumérations, hésitations, etc. Le sens juste mène au ton juste.

Voici trois exercices importants qui vous aideront à y parvenir.

1. L’étude du caractère du personnage est le point de départ. (Lisez à ce sujet L’étude du personnage). Grâce à cet exercice, on crée une « histoire » au personnage (âge, éducation, intérêts, etc.), qui permet de lui donner un ton général.

2. L’étude des diverses situations de chaque scène aide ensuite à teinter le ton d’une façon plus précise : situation urgente, détendue, inquiétante, etc.

3. Finalement, l’humeur ou l’émotion vécue dans chaque situation raffine le ton : amour, crainte, mépris, peur, tristesse, joie…

Exemple  M. Prudent, le personnage principal de la pièce Zone de sécurité, est rempli d’enthousiasme pour les projets de l’église, mais il connaît beaucoup d’insécurité : tantôt il est tout feu tout flammes, tantôt il a peur de se mouiller les pieds. Le ton de sa voix changera selon les situations qu’il vit : on sentira tantôt la détermination, tantôt l’hésitation et la crainte.

Appuyer sur les bons mots

De façon générale, l’idée précède les mots. L’idée se traduit en mots, et non le contraire – sauf pour des cas particuliers, comme la colère, où il arrive que les paroles précèdent les idées incohérentes.

Bien souvent, une phrase peut se résumer en un ou plusieurs mots clé. Sachez identifier ces mots clés, car c’est sur eux qu’il faut appuyer. Vous trouverez donc utile, sur votre copie du texte, de souligner les parties de chaque phrase que vous voulez mettre en évidence. C’est très personnel! Une interprétation se distinguera d’une autre, selon qu’on choisit de privilégier tel mot clé plutôt que tel autre.

Exemple  Dans le texte ci-dessous (extrait de Job 11.19 à 12.4), j’ai souligné les mots qui me semblent ressortir particulièrement. Mon choix a été motivé par le caractère de chaque personnage, la situation et l’émotion. Lisez ce texte à voix haute, d’abord sur un ton neutre, ensuite en mettant l’accent sur les mots soulignés. Sentez-vous la différence?

Tsophar: Tu te coucheras sans que personne ne te trouble. Mais les yeux des méchants seront consumés; pour eux point de refuge. La mort, voilà leur espérance!

Job: On dirait, en vérité, que le genre humain c’est vous, et qu’avec vous doit mourir la sagesse. J’ai tout aussi bien que vous de l’intelligence, moi. Je ne vous suis point inférieur. Et qui ne sait les choses que vous dites? Je suis pour mes amis un objet de raillerie.

 À éviter…

♦ Les clichés – ils déforment les émotions. Un cliché classique : pleurer en faisant des trémolos avec sa voix.

♦ Les phrases chantées – on pourrait les transcrire sur une portée musicale! Très énervant à entendre.

♦ Les phrases mécaniques – prononcées sans variation de ton, on dirait qu’elles sortent de la bouche d’un robot.

Exercice

Amusez-vous avec différents tons! Écrivez sur des bouts de papier les tons énumérés plus bas. Choisissez une phrase sans trop de signification, comme celles suggérées ci-dessous. À tour de rôle, les participants tirent au hasard un bout de papier puis montent sur scène pour dire la phrase sur le ton demandé.

Exemples de phrases neutres :  Où étiez-vous? ♦  Je l’ai vu ♦ Vous ne pouvez pas entrer ♦ Répète, s’il te plait

À dire sur un ton… résolu ♦  tranchant ♦ menaçant ♦ sévère ♦ froid ♦ sec ♦ doux ♦ affectueux ♦ grossier ♦ sage ♦ grave ♦ rageur ♦  sournois, ♦ flatteur ♦ hautain ♦ dédaigneux ♦ naïf ♦ surpris ♦ effrayé ♦ piteux ♦ triste ♦ tragique ♦ embarrassé ♦ ému ♦ triomphant ♦ boudeur ♦ timide ♦ hésitant ♦  amoureux ♦ ironique ♦ ému ♦  cérémonieux ♦ impatient ♦ haineux ♦ joyeux