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déc 5

Recrutement: quels critères?

Posté le 5 décembre 2009 dans Pièces, Réflexion sur le théâtre

Parfois, on ne choisit pas nos comédiens. On prend tous les élèves de la classe d’école du dimanche, ou les jeunes du club biblique… D’autres fois, il nous faut recruter. Pour ma part, je ne fais pas passer d’audition. Même s’il m’est arrivé de me tromper par le passé, j’ai, en général, toujours réussi à former de belles équipes pour nos productions. Et cette délicate question du recrutement m’a inspiré ce petit sketch mettant en vedette, pour la deuxième fois, les désormais célèbres Bric et Brac.

Bric et Brac jouent au Scrabble.

Bric :   Alors, Brac, le programme de Noël?

Brac :    Nous travaillons fort depuis fin septembre. Les jeunes sont enthousiastes et ça me motive beaucoup!

Bric :   Combien de comédiens?

Brac :   Six ados.

Bric :   Comment les as-tu recrutés?

Brac :   Eh bien, j’ai…

Dring! Dring! Brac décroche.

Brac :   Allo?

M. Lustucru :  Bonsoir, Brac! M. Lustucru à l’appareil.

Brac :    Bonsoir, M. Lustucru! Qu’est-ce que je peux faire pour vous?

M. Lustucru :   Prendre mon fils dans votre troupe, pour le programme de Noël.

Brac :  Ah, hem… C’est que tous les rôles sont comblés et…

M. Lustucru :   Vous n’avez même pas fait d’annonce à l’église! Si j’avais su que vous faisiez une pièce pour Noël, je vous aurais envoyé Bobbipou. J’aime ça quand il fait du théâtre.

Brac :   Je vois.

M. Lustucru :    Bobbipou a beaucoup de talent.

Brac :   Je n’en doute pas.

M. Lustucru :    Je veux qu’il participe activement à la vie de l’église.

Brac :   Je comprends.

M. Lustucru :   Alors, qu’allez-vous faire?

Brac :   Eh bien, je retiens votre demande et je la considère pour notre prochaine production.

Lustucru :   C’est tout ce que vous avez à me dire? Bobbipou joue nettement mieux que le petit Schmourf!… (Pause) Avez-vous pris le petit Schmourf encore cette année?

Brac :  Oui, j’ai pris le petit Schmourf.

M. Lustucru :   Quoi??? C’est complètement ridicule!

Brac :    Je ne comprends pas votre réaction.

M. Lustucru :   Le petit Schmourf n’a aucun talent en théâtre.

Brac :    Vous savez pourquoi j’aime travailler avec le petit Schmourf?

M. Lustucru :   Parce que sa mère est directrice de la chorale, je suppose.

Brac :   Oh non, pas du tout! Le petit Schmourf travaille fort, il apprend ses tirades selon l’échéancier, il encourage les autres, il accepte les critiques que je lui fais, il cherche à s’améliorer. D’ailleurs, il a fait de grands progrès. Sa présence dans notre équipe est une véritable bénédiction!

M. Lustucru :   (Silence)

Brac :   M. Lustucru? M. Lustucru, vous êtes là?

M. Lustucru :   Et le talent?

Brac :   Je ne recherche pas forcément des jeunes talentueux. L’attitude, la fidélité, le respect de l’autorité – voilà quelques-uns de mes critères quand je recrute des comédiens. Le talent, ça se travaille.

M. Lustucru :   Ah.

Brac :    Vous aimeriez vraiment que votre fils fasse partie de notre équipe… Mais à notre dernière production, le comportement de Bobbipou a été très éloquent… si vous voyez ce que je veux dire.

M. Lustucru :   (Se raclant la gorge) Oui, j’en conviens. Bobbipou traverse une passe difficile…

Brac :   Le pasteur m’a demandé de monter une pièce de théâtre et il m’a donné carte blanche pour le choix des comédiens. Je n’avais que six rôles. J’ai dû faire un choix, selon des critères importants pour moi.

M. Lustucru :   Oui, bien sûr. (Silence.)

Brac :   Si jamais Bobbipou veut faire du théâtre, encouragez-le à venir me voir. Nous pourrons bavarder, lui et moi. D’ailleurs, j’ai des projets pour juin prochain.

M. Lustucru :   Je vous remercie, Brac… Eh bien… bonne fin de soirée!

Brac :   Bonsoir, M. Lustucru!

Brac raccroche en soupirant et revient à Bric, qui a commencé à feuilleter un magazine en attendant.

Bric :   Un petit problème?

Brac :    Oh, moi? Non…

Bric :   Mais M. Lustucru, si?

Brac :   Peut-être.

Bric :   Tiens, pendant que tu bavardais au téléphone, j’ai placé un mot de sept lettres. RE-CRU-TE.

Brac :   Pas mal. (Plaçant ses lettres sur le tableau de jeu) Moi aussi, j’ai un mot de sept lettres… tiens… CRI-TÈ-RE! Et mot compte triple, en plus!

Chantal

mar 3

Supportez-vous!

« Oui, je fais du théâtre dans mon église, me dit la jeune femme. Mais je préfère travailler seule. C’est plus simple. »

 

C’est vrai qu’il est plus facile de limiter son ministère de théâtre à des monologues ou des mimes en solo. Pourtant, un ministère collectif (qui n’exclut pas nécessairement monologues et mimes en solo!) me semble tellement enrichissant! Enrichissant au sens de « profitable ».

 

Supportez-vous les uns les autres.* Le travail d’équipe est une occasion idéale de mettre cette exhortation de Paul en pratique! En effet, il exige l’apprentissage de la solidarité, du partage, de la patience, de la compassion, du don de soi. Comment apprendre à supporter les autres si on évite les contacts avec eux? Le théâtre en église offre une foule d’occasion de côtoyer des gens très différents de nous et d’être pour eux une source de soutien et d’encouragement.

 

Et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre… Un ministère collectif comporte inévitablement son lot de frustrations. Des tempéraments opposés entrent en collision. Des divergences d’opinion surgissent. Des imprévus chez l’un ou chez l’autre bousculent l’horaire des répétitions. Il n’est pas rare que durant la production d’une pièce de théâtre certains participants finissent par se tomber sur les nerfs! Édith n’a pas mémorisé son texte. Julien fait le pitre durant les exercices de théâtre. Suzie est timide à en pleurer : on l’entend à peine quand elle parle. Jim et Joe ne cessent pas de s’asticoter quand la metteure en scène a le dos tourné… Pourquoi tous n’ont-ils pas le même degré de talent, de sérieux, de consécration? Pour la simple raison que chacun et chacune est unique – et pécheur par surcroit!

 

Pardonnez-vous mutuellement. Le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. Je crois que l’apprentissage du pardon « non-stop » est un avantage indéniable du travail d’équipe. Accepter les différences de l’autre (ou les « endurer »!) et lui pardonner ses erreurs et ses faiblesses, à l’exemple de Christ, voilà qui est formateur!

 

Car le théâtre en église n’est pas simplement un divertissement, mais d’abord et avant tout un lieu de rencontre pour ceux et celles qui veulent servir Dieu et porter son message par le moyen de l’expression dramatique. Et ce lieu de rencontre devient une occasion de croissance, tant pour les comédiens que pour les metteurs en scènes et les techniciens. Si nous mettons en pratique les préceptes que Dieu nous donne, notre ministère portera du fruit non seulement au sein de l’équipe même, mais jusque dans le cœur des gens qui recevront notre message. Et alors, tout l’honneur rejaillira sur Dieu.

 

Chantal

 

* Les phrases en gras italique dans ce texte correspondent à Colossiens 3.13. Citation extraite de la Bible Le Semeur. © Copyright 1992. Société biblique internationale. Avec permission.

 

fév 19

Trac et trucs

Posté le 19 février 2009 dans Méli-mélo, Réflexion sur le théâtre

Mains moites. Gorge sèche. Jambes flageolantes. Cœur qui bat la chamade. On a l’impression qu’on va mourir ou, à tout le moins, s’évanouir. Et on se demande « Qu’est-ce qui m’a pris de m’embarquer dans cette pièce de théâtre? »

 

Petites vérités pas très pratiques, mais bon… si elles peuvent vous rassurer un peu!

C Le trac est l’affaire de tous.

C De façon générale, les gens ne remarquent pas le trac des comédiens.

C Le trac est moins dangereux que le saut en parachute.

C Le trac n’a jamais tué.

C Le trac précède la prestation et disparaît dès qu’on monte sur scène.

C Dans la salle, aucun spectateur n’est venu avec l’intention arrêtée de rigoler un bon coup si je me plante.

 

Trac et manifestations physiques

Le trac a une dimension physique très réelle – et douloureuse! Voici quelques symptômes courants et des conseils pour y remédier.

 

1.   J’ai le souffle court! La respiration abdominale est la clé. Lorraine décrit ce type de respiration dans l’article Projection de la voix. La maîtrise de cette technique est INDISPENSABLE aux chanteurs, aux comédiens, aux femmes qui accouchent, aux athlètes – bref à toutes sortes de gens. Respirer en sollicitant les muscles de l’abdomen (plutôt que le haut du corps) a des avantages indéniables : ralentissement du rythme cardiaque, meilleure oxygénation de l’organisme, apaisement intérieur, etc. Sans parler, bien sûr, d’une meilleure projection de la voix. Apprenez à faire des inspirations lentes et profondes et à expirer de la même manière. Lorsque le trac vous saisit, soyez sensible à votre respiration et passez en mode « abdominal ».

 

2.   J’ai la gorge sèche et la voix rauque. Buvez quelques gorgées d’eau tiède. Évitez la caféine et le lait. Détendez vos cordes par des exercices, un peu comme les chanteurs qui font des vocalises avant une prestation : mmmm, mma, mmé, a-e-i-o-u… Faites-le en groupe, c’est plus rigolo!

 

3.   Mes mains et mes jambes tremblotent! Vous avez sûrement aussi la nuque raide et mal dans le dos! Peut-être même vos sourcils sont-ils figés dans un froncement peu esthétique. Assouplissez vos membres contractés : étirez-vous, tracez des cercles avec les bras, effectuez en douceur des rotations de la tête. Prenez conscience de vos muscles crispés et détendez-les en faisant des gestes amples.

 

4.   J’ai les mains glacées! Vous êtes en situation de stress : le cerveau l’a bien compris et il met tout en œuvre pour protéger le corps. Les vaisseaux sanguins des extrémités (mains, pieds) se contractent afin que le sang oxygéné afflue davantage vers les organes vitaux. Pour réduire cette sensation désagréable, la respiration abdominale, longue et profonde, enverra au cerveau le message « Tout va bien, pas de panique! On régule le tout! » Relisez au besoin le point 1!

 

5.   J’ai des papillons dans le ventre! Toujours en réponse au stress que votre cerveau a décodé, le système digestif se met au ralenti. Il est donc fort possible que le hamburger double et les frites restent coincés dans votre estomac… Avant une prestation, évitez les mets lourds ou gras. Ne jeûnez pas pour autant, car votre corps a quand même besoin de carburant pour bien fonctionner. Optez pour les glucides (pâtes, riz) ou une collation saine (pop corn nature, fruit, yogourt non sucré).

 

Le trac est une forme de nervosité que la grande majorité des comédiens connaissent bien, qu’ils soient amateurs ou professionnels. Certains diront que cette nervosité est inévitable et normale. Les quelques conseils offerts ci-dessus pourront vous aider à maîtriser ses manifestations désagréables. Mais peut-on faire davantage que dominer des symptômes? Je le crois.

 

Une question de regard

À mon avis, le grand problème du trac réside dans le regard que l’on pose sur soi.

 

Moi. Ma performance. Le public qui me regarde. Les critiques que je recevrai. Mon succès – ou mon échec – qui sera écrit sur mon front une fois le spectacle terminé. Pas étonnant que je sente une immense pression sur mes épaules! Pas étonnant que j’aie des nausées et un profond sentiment d’insécurité et d’incompétence! Et quel gaspillage d’énergie…

 

Mais si mon regard se tourne vers Celui qui m’a donné des dons pour monter sur les planches? Si je regarde à Celui qui m’a équipée pour présenter un message – le sien – devant un public? Si je considère ma prestation comme une façon de servir Dieu et les siens? Voilà qui est libérateur. Je n’ai rien à prouver à qui que ce soit! Le succès ou l’échec (s’il y a échec!) ne dépend pas de moi : il appartient à Dieu.

 

 

 

Certes, je fais de mon mieux, je me prépare consciencieusement pour offrir à Dieu et au public ce que j’ai de meilleur, tout en sachant que rien ici-bas n’est parfait. Mais mon centre d’attention doit changer : il doit passer de moi à Dieu (celui que je sers par le théâtre) et aux autres (ceux qu’il veut toucher par mon service).

 

 

 

M’oublier moi-même est un remède excellent contre le trac. Alors rien de mieux, avant une présentation publique, qu’une bonne « séance » de louanges et d’actions de grâces avec toute l’équipe de production! Nous savons tous les efforts fournis, tout le travail accompli jusque là. Remercier le Seigneur nous remplit d’assurance et de joie. Quoi de mieux pour dominer le trac?

 

Chantal