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Les premiers pas d’une marionnettes

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Les premiers pas d’une marionnette sont en réalité ceux de la personne qui la manipule… Car voilà : vous avez trouvé une marionnette magnifique. Vous souhaitez l’utiliser avec votre groupe d’enfants, mais vous n’êtes pas prêt à vous lancer dans un spectacle proprement dit. Qu’allez-vous lui faire dire? Comment entrera-t-elle en scène avec spontanéité? Comment la ferez-vous disparaitre de façon élégante – ou amusante?

Ces suggestions proviennent de Don Stott, du site www.eliab.com. Traduction et adaptation par Chantal Bilodeau-Legendre, avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Mais d’abord… quelques conseils pratiques

Exercez-vous devant un miroir, répétez devant un ami, afin de gagner de la confiance avec les mouvements et la voix. Utilisez des phrases courtes et un vocabulaire adapté à l’âge de vos auditeurs. Rappelez-vous ce principe : minimum de narration, maximum de dialogue. Peu à peu, vous vous mettrez à improviser et vous serez en mesure de vous « attaquer » à des textes simples.

N’oubliez pas que la marionnette ne doit jamais rester statique : faites-la bouger en fonction de l’humeur ou des émotions évoquées par vos paroles.

À présent… on joue!

Pour les besoins de la cause, imaginons deux marionnettes, Mandoline et Banjo.

Pour entrer en la matière…

Voici quelques façons de « briser la glace » avec une marionnette.

  • Mandoline entre tout excitée quand elle entend l’animateur prononcer un mot clé. Par exemple:
    – Animateur : « J’aimerais vous poser une devinette… »
    – Mandoline : « Trottinette? Qui a parlé de trottinette? J’en ai une rose à pois bleus! »
  • Banjo entre timidement, mais disparait quand les enfants l’interpellent, puis revient tout hésitant.
  • Mandoline salue les petits et se présente.
  • Banjo demande qu’on lui pose une devinette – mais il répond « torticolis », peu importe la devinette. Cette « introduction » peut donner lieu à une interaction intéressante entre l’animateur (ou les jeunes) et la marionnette.
  • Mandoline entre, à la recherche de quelque chose. Elle exprime sa surprise en trouvant ce qu’elle cherche – mais s’étonne encore plus quand elle aperçoit les enfants qui l’observent.
  • Banjo entre en se plaignant : il a un bobo, un problème, et il a besoin d’aide.

Au cours d’une activité…

Il arrive que certaines parties d’un programme ou d’une animation suscitent moins d’intérêt que d’autres. Les marionnettes peuvent y remédier en y ajoutant de l’humour, ravivant ainsi l’attention des auditeurs.

  • Mandoline écoute attentivement l’animateur puis pose des questions sottes.
  • Banjo écoute les commentaires et réponses des enfants et émet des réflexions encourageantes.
  • Mandoline annonce les gagnants d’un concours.
  • Banjo présente au groupe la personne qui racontera l’histoire biblique.
  • Mandoline entonne une chanson (sur un air connu) ou fait un rap pour annoncer un évènement, un invité spécial, etc.
  • Banjo explique aux enfants une consigne, leur demande de chercher un objet caché, etc.

Au revoir…

Comment faire disparaitre les marionnettes avec « naturel » une fois leur prestation terminée? Voici quelques idées.

  • Banjo s’excuse de partir, car il doit se préparer pour l’évènement annoncé.
  • Mandoline, embarrassée, demande où sont les toilettes et s’excuse de devoir ainsi s’en aller.
  • Banjo annonce qu’il est temps de passer à une autre activité (chant, histoire, jeu, etc.) puis il dit au revoir à tout le monde.
  • Mandoline déclare qu’il est l’heure d’aller prendre le thé (ou des gaufrettes choco-moka) avec Madame Ocarina – tout le monde sait que les marionnettes adorent manger!

Voir aussi:
♦ Les marionnettes peuvent aider à mémoriser des versets (20 suggestions)
20 façons d’utiliser une marionnette

Conseils pour le théâtre de rue

 

DRIME Kenya

Jonny White
(Unity Christian Theatre Company)

Le théâtre de rue est une forme de théâtre particulière. On l’exerce dans des lieux achalandés, comme les centres commerciaux ou les places publiques. Les auditeurs visés sont occupés à autre chose (faire leurs courses, par exemple) et n’ont pas nécessairement le temps de s’arrêter pour regarder. Voici donc quelques points importants à considérer par rapport au théâtre de rue évangélique.

Simplicité

Fuyez le jargon évangélique et présentez avec clarté le message de la Bonne Nouvelle.

Pièces courtes

Enchainez plusieurs petites pièces, pour permettre aux auditeurs de s’en aller quand ils le veulent.

Attention au volume!

Le volume de vos paroles doit être fort pour attirer l’attention, mais pas trop, pour ne pas énerver les passants.

Travail d’équipe

Obtenez l’appui de deux groupes de collaborateurs : l’un vous épaulera dans la prière; l’autre se tiendra à l’affut et fera le suivi des spectateurs ayant manifesté un intérêt pour le message.

Prestation dramatique très, très bonne

Je crois que, parce que nous nous aventurons sur le territoire du diable, nous devons présenter un programme qui, sur le plan artistique, est le meilleur que nous puissions offrir. Nous pouvons être « fous » pour Christ, mais nous ne devons pas nous couvrir de ridicule – ni nous-mêmes, ni l’église que nous représentons – à cause de notre mauvaise préparation ou d’un travail artistique de piètre qualité.

Un moyen pour attirer

Le théâtre de rue peut servir à attirer des gens prêts à entendre un témoignage. De la même façon, vous pouvez vous servir de la musique pour amener une foule à votre théâtre. (Toutefois, faites attention aux droits d’interprétation des pièces d’autrui.)

Notre équipe fait-elle du théâtre de rue? Non. Nous l’avons décidé après mure réflexion parce que, d’une part, en tant que responsable du groupe, je ne suis pas appelé à ce ministère pour le moment, et d’autre part, je pense que l’équipe dans son ensemble n’était pas dotée des aptitudes particulières nécessaires. Le théâtre de rue est très différent du théâtre où les gens choisissent librement d’aller voir et entendre ce que vous faites. La préparation au théâtre de rue doit inclure une formation sur la manière de gérer les chahuteurs et les personnes hostiles.

Cela dit, si vous faites du théâtre de rue, assurez-vous que le Seigneur a mis ce désir sur votre cœur. Si vous avez l’appui nécessaire et l’appel, le théâtre de rue peut être un ministère très gratifiant.


Extrait de DramaShare Organizational Manual, publié par DramaShare (2000). Traduit et adapté par Chantal Bilodeau-Legendre, avec l’aimable autorisation de DramaShare.  DramaShare nous a fourni le contenu de cet article afin que nos visiteurs puissent en profiter. Si vous croyez ces informations utiles à votre ministère de théâtre, nous vous encourageons à considérer la possibilité de soutenir DramaShare en devenant membre.

Trac et trucs pour le dominer

Mains moites. Gorge sèche. Jambes flageolantes. Cœur qui bat la chamade. On a l’impression qu’on va mourir ou, à tout le moins, s’évanouir. Et on se demande « Qu’est-ce qui m’a pris de m’embarquer dans cette pièce de théâtre? »

Petites vérités pas très pratiques, mais bon… si elles peuvent vous rassurer un peu!

Photo by Ethan Haddox sur Unsplash

♦ Le trac est l’affaire de tous.

♦ De façon générale, les gens ne remarquent pas le trac des comédiens.

♦ Le trac est moins dangereux que le saut en parachute.

♦ Le trac n’a jamais tué.

♦ Le trac précède la prestation et disparaît dès qu’on monte sur scène.

♦ Dans la salle, aucun spectateur n’est venu avec l’intention arrêtée de rigoler un bon coup si je me plante.

Trac et manifestations physiques

Le trac a une dimension physique très réelle – et douloureuse! Voici quelques symptômes courants et des conseils pour y remédier.

1.   J’ai le souffle court! La respiration abdominale est la clé. Lorraine décrit ce type de respiration dans l’article Projection de la voix. La maîtrise de cette technique est INDISPENSABLE aux chanteurs, aux comédiens, aux femmes qui accouchent, aux athlètes – bref à toutes sortes de gens. Respirer en sollicitant les muscles de l’abdomen (plutôt que le haut du corps) a des avantages indéniables : ralentissement du rythme cardiaque, meilleure oxygénation de l’organisme, apaisement intérieur, etc. Sans parler, bien sûr, d’une meilleure projection de la voix. Apprenez à faire des inspirations lentes et profondes et à expirer de la même manière. Lorsque le trac vous saisit, soyez sensible à votre respiration et passez en mode « abdominal ».

2.   J’ai la gorge sèche et la voix rauque. Buvez quelques gorgées d’eau tiède. Évitez la caféine et le lait. Détendez vos cordes par des exercices, un peu comme les chanteurs qui font des vocalises avant une prestation : mmmm, mma, mmé, a-e-i-o-u… (Voyez Exercices pour la voix.) Faites-le en groupe, c’est plus rigolo!

3.   Mes mains et mes jambes tremblotent! Vous avez sûrement aussi la nuque raide et mal dans le dos! Peut-être même vos sourcils sont-ils figés dans un froncement peu esthétique. Assouplissez vos membres contractés : étirez-vous, tracez des cercles avec les bras, effectuez en douceur des rotations de la tête. Prenez conscience de vos muscles crispés et détendez-les en faisant des gestes amples.

4.   J’ai les mains glacées! Vous êtes en situation de stress : le cerveau l’a bien compris et il met tout en œuvre pour protéger le corps. Les vaisseaux sanguins des extrémités (mains, pieds) se contractent afin que le sang oxygéné afflue davantage vers les organes vitaux. Pour réduire cette sensation désagréable, la respiration abdominale, longue et profonde, enverra au cerveau le message « Tout va bien, pas de panique! On régule le tout! » Relisez au besoin le point 1!

5.   J’ai des papillons dans le ventre! Toujours en réponse au stress que votre cerveau a décodé, le système digestif se met au ralenti. Il est donc fort possible que le hamburger double et les frites restent coincés dans votre estomac… Avant une prestation, évitez les mets lourds ou gras. Ne jeûnez pas pour autant, car votre corps a quand même besoin de carburant pour bien fonctionner. Optez pour les glucides (pâtes, riz) ou une collation saine (pop corn nature, fruit, yogourt non sucré).

Le trac est une forme de nervosité que la grande majorité des comédiens connaissent bien, qu’ils soient amateurs ou professionnels. Certains diront que cette nervosité est inévitable et normale. Les quelques conseils offerts ci-dessus pourront vous aider à maîtriser ses manifestations désagréables. Mais peut-on faire davantage que dominer des symptômes? Je le crois.

Une question de regard

À mon avis, le grand problème du trac réside dans le regard que l’on pose sur soi.

Moi. Ma performance. Le public qui me regarde. Les critiques que je recevrai. Mon succès – ou mon échec – qui sera écrit sur mon front une fois le spectacle terminé. Pas étonnant que je sente une immense pression sur mes épaules! Pas étonnant que j’aie des nausées et un profond sentiment d’insécurité et d’incompétence! Et quel gaspillage d’énergie…

Mais si mon regard se tourne vers Celui qui m’a donné des dons pour monter sur les planches? Si je regarde à Celui qui m’a équipée pour présenter un message – le sien – devant un public? Si je considère ma prestation comme une façon de servir Dieu et les siens? Voilà qui est libérateur. Je n’ai rien à prouver à qui que ce soit! Le succès ou l’échec (s’il y a échec!) ne dépend pas de moi : il appartient à Dieu.

Certes, je fais de mon mieux, je me prépare consciencieusement pour offrir à Dieu et au public ce que j’ai de meilleur, tout en sachant que rien ici-bas n’est parfait. Mais mon centre d’attention doit changer : il doit passer de moi à Dieu (celui que je sers par le théâtre) et aux autres (ceux qu’il veut toucher par mon service).

M’oublier moi-même est un remède excellent contre le trac. Alors rien de mieux, avant une présentation publique, qu’une bonne « séance » de louanges et d’actions de grâces avec toute l’équipe de production! Nous savons tous les efforts fournis, tout le travail accompli jusque là. Remercier le Seigneur nous remplit d’assurance et de joie. Quoi de mieux pour dominer le trac?

Chantal

Les divisions d’une pièce

Une pièce se divise en tableaux, en actes et en scènes. Le découpage d’une pièce en facilite la lecture, l’étude et la réalisation. Si un metteur en scène travaille avec une pièce ou un sketch que l’auteur n’a pas divisée, il devrait le faire lui-même avant de commencer son travail avec la troupe.

Photo de Morgan Harris sur Unsplash

Tableau

Le tableau est une division marquée par un changement de lieu et de décor. Il peut contenir plusieurs actes et plusieurs scènes. D’habitude, les sketches ne comportent qu’un seul tableau. Même chose pour les pièces de courte durée. (Un changement de tableau doit être justifié, c’est-à-dire qu’il doit appuyer le message clé de la pièce. Des changements de décor trop fréquents essoufflent non seulement les techniciens, mais aussi les spectateurs, qui risquent de se demander à quoi servent tous ces « déménagements » et ces interruptions du récit.)

Acte

De façon traditionnelle, un acte se caractérise par une unité de lieu ou de temps. Le passage d’un acte à l’autre correspond donc à un jalon important du récit de théâtre.

Scène

Les scènes sont les subdivisions de l’acte. De façon traditionnelle, une scène est marquée par l’entrée ou la sortie des personnages. Les scènes correspondent à de petites histoires à l’intérieur de la grande histoire.

Trouvez des titres!

Voici un petit conseil pour les metteurs en scène: essayez de trouver un titre pour chaque acte et chaque scène. Un titre devrait être bref et bien résumer le contenu de l’acte ou de la scène. En titrant ainsi les divisions de la pièce, vous aiderez les comédiens à mieux saisir la progression de l’intrigue et à situer l’importance de telle ou telle scène dans l’ensemble du récit.

L’équipe TE

L’échéancier de production

Après avoir étudié la pièce et avant même de rencontrer les comédiens pour la première fois, le metteur en scène élabore un échéancier de production. Il s’agit en fait d’un calendrier où sont inscrites les diverses activités des comédiens durant les semaines à venir, de même que les dates prévues pour les livraisons techniques. Voici ce que l’échéancier de production pourrait inclure.

Voici un exemple:echeancier

L’italienne et l’étude des personnages

L’italienne est la lecture collective du texte sur un ton neutre, autour d’une table. (On peut en refaire aussi en cours de production.) Elle précède généralement l’étude des personnages, qui consiste en une réflexion et en un échange d’idées sur les différents personnages de la pièce.

Le travail de scène

Il faut prévoir un laps de temps réaliste pour le travail de chaque scène, quitte à travailler une longue scène en deux séances, ou à regrouper quelques petites scènes pour la même répétition. C’est l’étape de la construction et des essais : gestes, mouvements, déplacements, intonations. Il faut ainsi bâtir les scènes et avancer petit à petit de scène en scène.

On effectue de courts enchaînements à même le travail de scène. L’enchaînement est le collage rythmé d’une ou de plusieurs scènes travaillées. Si on ne termine pas une répétition par un enchaînement, le comédien reste avec une idée plutôt vague des déplacements appris.

Les enchaînements planifiés

En plus des courts enchaînements inclus dans les répétitions régulières, il faut inscrire des enchaînements de plusieurs scènes au calendrier. Ces grands enchaînements aident à fixer encore mieux les déplacements d’un bloc de scènes et donnent du rythme à tout le travail.

Voir auss: Enchainement rythmé: une étape essentielle

Les répétitions de réchauffement

Lors des pièces plutôt longues, le metteur en scène prend soin de prévoir dans son échéancier quelques répétitions de réchauffement. Il s’agit de rencontres qui permettent un retour en arrière sur les scènes déjà travaillées.

Les scènes à travailler

On se bute toujours sur ces scènes plus difficiles à bâtir! Le metteur en scène inclura donc quelques rencontres « au cas où » dans le calendrier pour les scènes à travailler, encore inconnues en début de production. On est toujours heureux de ne pas avoir à ajouter des répétitions supplémentaires vers la fin!

Les livraisons techniques

Il faut aussi noter les dates des livraisons techniques : accessoires, décors, costumes, éclairage, son, etc. Souvent, les accessoires sont nécessaires au début des répétitions, mais la plupart des autres éléments peuvent attendre plus tard, vers les derniers enchaînements. Informez les techniciens concernés de vos attentes. Ils apprécieront votre planification!

La générale technique

Lorsque l’aspect technique de la pièce est particulièrement important (éclairage, bruitage, musique, etc.), il est bon de prévoir une générale technique avant la générale régulière. À cette occasion, on s’attarde sur le déroulement de toute la technique, et le comédien devient accessoire.

La générale

On ne peut se passer d’une générale! Cette dernière rencontre avant la représentation est l’occasion de s’assurer que rien ne manque : accessoires, costumes, maquillage, trame sonore, coiffure, etc. Les comédiens jouent sans interruption, comme s’il y avait un public. Il vaut mieux prévoir une générale que de compter sur la première représentation pour régler tous les détails de dernière minute…

La représentation

Voilà enfin le jour « J », celui où l’on présente la pièce publiquement. Il est important que chacun arrive tôt (deux heures à l’avance), afin de bien se préparer, sur le plan spirituel autant que technique.

Vous trouverez ici un exemple d’échéancier de production.

Lorraine