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juil 16

Travailler avec des enfants

Posté le 16 juillet 2011 dans Éditorial



Lorraine et moi écrivons toutes les deux. Nous faisons aussi toutes deux de la mise en scène. Mais ce que l’une fait facilement, l’autre l’exécute péniblement. J’aime écrire. Lorraine trouve sa joie dans la mise en scène. (Nous faisons une belle équipe, n’est-ce pas?)

Quand elle planifie une répétition, elle prend soin de consigner dans son cahier de régie tous les déplacements de ses comédiens. Elle fait ce que nous appelons du « pas-à-pas ». Elle écrit au crayon, si jamais de meilleures idées lui viennent dans le feu de l’action, mais en général, tout est déjà fixé. Ce pas-à-pas préétabli rend les répétitions de Lorraine très efficaces. Les pertes de temps sont quasi nulles. (Dois-je préciser que c’est l’inverse avec moi?)

Cette approche dirigiste ne convient pas à toutes les troupes : des comédiens expérimentés peuvent avoir plus de latitude et suggérer à la metteure en scène des déplacements intéressants. Mais avec les enfants, surtout les plus jeunes, on oublie la « latitude » quand vient le temps de mettre un texte en scène. On leur dit quoi faire. On leur donne structure et encadrement. On les DIRIGE.

Si vous commencez à mijoter des projets pour l’automne prochain, et que les jeunes en font partie, allez jeter un coup d’œil à notre nouvel article, rempli de conseils pratiques : Faire du théâtre avec des enfants – notions importantes. Il s’ajoute à notre dossier Enseigner le théâtre aux enfants.

Bonne lecture!

Chantal

Merci à Christine Joyal Chaussé pour la photo!

juil 14

Faire du théâtre avec des enfants – notions importantes

Posté le 14 juillet 2011 dans Méli-mélo, Mise en scène


par Michelle Jest

Quelles notions essentielles doit-on bien saisir quand on fait du théâtre avec des enfants? Autrement dit, comment fait-on pour les amener à mémoriser leur texte et à bien interpréter leurs rôles?

Planification rigoureuse

La première chose à faire quand on fait du théâtre avec des enfants, c’est bien se préparer! Il vous faut planifier, et planifier encore. Une fois votre planification terminée, revenez-y et faites d’autres plans. Blague à part, la clé du succès, quand on travaille avec des jeunes, c’est de toujours avoir une longueur d’avance sur eux – et ils avancent vite! La plupart des problèmes de discipline résultent d’une planification insuffisante. Si les enfants doivent attendre avant que l’activité suivante ne commence ou que vous ne décidiez quels costumes ils porteront, ils vont s’ennuyer. Et lorsqu’ils s’ennuient, ils deviennent turbulents. Par conséquent, avant de vous présenter à une répétition, sachez exactement ce que vous ferez. Déterminez à l’avance (par écrit, de préférence) les déplacements de chaque comédien. Quand on dirige des petits, on ne peut pas leur dire : « Hmmm… tu pourrais peut-être te placer là… et si on ajoutait une chaise ici? » Ils vous boufferont tout cru. Cela implique que vous ne leur donnerez pas beaucoup de choix. Ne leur demandez pas s’ils veulent se placer à tel ou tel endroit. Dites-leur plutôt que c’est là qu’ils se placeront. Les enfants ont besoin de directives claires et concises. Au début, vous aurez peut-être l’impression d’être trop autoritaire, mais les petits ont besoin de structure et d’organisation.

Attentes élevées

En second lieu, je suggère d’avoir des attentes élevées. Traitez les petits avec respect, comme des personnes à part entière. Parlez-leur en employant un vocabulaire accessible pour eux, mais n’utilisez pas un langage de bébé ou enfantin. Je surprends toujours les parents non habitués par tout ce que je peux obtenir de leur progéniture. Les enfants voudront s’élever à la hauteur de vos attentes. Cependant, ils ne les surpasseront pas de leur propre initiative. Si vous attendez d’eux qu’ils soient immobiles et mignons et qu’ils récitent les bons mots au bon moment, ils ne feront pas plus. Si vous leur demandez de mémoriser une page et demie, de montrer de vrais sentiments et de se déplacer de manière intentionnelle, ils le feront. Bien des adultes pensent que seules les grandes personnes peuvent travailler fort et ils trouvent des excuses aux enfants : « Oh, il est trop jeune! » « Elle ne peut pas apprendre tout ce texte par cœur! » « Pourvu qu’il ne se fouille pas dans le nez sur la scène, je serai satisfaite! » Mais à la vérité, même les très jeunes enfants sont capables d’interpréter un personnage et d’être tout entiers à leur jeu si vous avez des attentes élevées. (Précision de Chantal : Attentes élevées ne signifie pas attentes excessives. Respectez les limites de vos jeunes comédiens, sans pour autant les sous-estimer.)

Mes deux fils, âgés de 5 et 7 ans, ont joué dans la comédie musicale Tom Sawyer l’été dernier avec la troupe de notre localité. Dans une certaine scène, ils devaient s’assoir sur le bord du plateau en faisant semblant d’être sur un quai et de pêcher devant eux, au niveau du public. Pendant plus d’une représentation, un spectateur de la première rangée s’est amusé à saisir leurs cannes à pêche. Mes enfants savaient comment conserver leur rôle et ils n’ont pas « décroché » une seule fois – même quand on tirait sur leurs accessoires.

Jésus au centre

Enfin, et surtout, restez centrés sur le Seigneur. Si la répétition se déroule mal, interrompez-la. Arrêtez-vous et priez! Demandez aux enfants de prier avec vous. Demandez-leur de prier pour la représentation. Les prières enfantines sont les plus tendres et les plus précieuses. Dites-leur qu’ils sont un peu comme des prédicateurs et des missionnaires : parmi les spectateurs, quelqu’un en viendra peut-être à connaitre Jésus un peu plus grâce à ce qu’ils vont dire ou faire sur la scène. Certes, c’est amusant d’interpréter un rôle et d’entendre les gens nous applaudir – mais c’est encore mieux quand on joue pour le Seigneur!

Je crois vraiment que si vous gardez les yeux fixés sur Jésus, que vous êtes bien préparé et que vous avez des attentes élevées, les répétitions se dérouleront rondement. Mais puisque votre question porte précisément sur la mémorisation du texte et l’interprétation, voici quelques suggestions.

Mémorisation

Beaucoup d’enfants sont auditifs. Ils sont capables de mémoriser sans effort des tirades de leurs personnages animés préférés. Enregistrez leur texte sur un CD ou tout autre support électronique, pour qu’ils puissent l’écouter maintes fois. Cependant, prenez garde : ils copieront probablement même l’intonation de la personne qui effectue l’enregistrement! Aussi, assurez-vous qu’ils comprennent ce qu’ils disent et qu’ils reconnaissent la pertinence du propos. Leurs tirades doivent avoir du sens pour eux si on veut qu’ils les mémorisent.

Une autre option : répéter, tout simplement. Découpez les phrases en deux ou trois petits segments. Les enfants apprennent un segment, puis le suivant, et ainsi de suite, en enchainant les phrases une à une. (Suggestion de Chantal : Lisez l’article de Lorraine au sujet de la mémorisation.)

Enfin, si vous travaillez avec un groupe à la mémorisation d’une chanson ou à une récitation collective, la meilleure façon consiste à associer des gestes aux mots. Déterminez des mouvements et incorporez-les aux déplacements. (Pensez aux comptines de votre enfance ou encore au langage gestuel pour les sourds.)

Interprétation

Interpréter un rôle est facile! Dites aux enfants de s’amuser à faire semblant. Quel petit n’aime pas les jeux de rôle? Je sais que les jeunes d’aujourd’hui passent beaucoup de temps devant l’écran de télé ou d’ordinateur, mais ils aiment quand même jouer à la poupée, au restaurant, aux policiers et aux voleurs, etc. Dites-leur : « Je ne veux pas voir Marshall sur la scène : je veux voir le roi David. » Bien entendu, il faudra leur rappeler que ce n’est qu’un jeu et que, lorsqu’ils quittent la scène, le jeu est fini. Selon l’âge des comédiens, cette précision peut être très importante.

Les considérations de cet article conviennent pour des jeunes de trois à dix-sept ans. Rien n’est plus gratifiant que de pouvoir amener une fillette timide (qui n’arrive même pas à prononcer son nom assez fort pour qu’on l’entende) à sortir de sa coquille de sorte qu’à la production suivante, elle est la première à vouloir y participer!

Bref :

  • Planifiez des répétitions bien remplies – prévoyez trois fois plus de choses que vous ne croyez nécessaires.
  • Ayez des attentes élevées et énoncez-les clairement.
  • Gardez Christ au centre.

Et n’oubliez pas : amusez-vous!

Cet article a paru en anglais sous le titre Working with children in Drama, dans la lettre de nouvelles de DramaShare de février 2005. Traduction et adaptation par Chantal Bilodeau-Legendre. DramaShare nous a fourni le contenu de cet article afin que nos visiteurs puissent en profiter. Si vous croyez ces informations utiles à votre ministère de théâtre, nous vous encourageons à considérer la possibilité de soutenir DramaShare en devenant membre. Voyez les diverses options en cliquant ici.

déc 6

Enchainement rythmé

Posté le 6 décembre 2010 dans Éditorial

Un enchainement rythmé. C’est quoi? À quoi ça sert? Peut-on s’en passer?

C’est quoi? Un enchainement rythmé est un exercice servant à enchainer les scènes travaillées d’une façon… euh… rythmée. Cela va de soi. Mais encore? C’est une répétition sérieuse… sérieusement déjantée.

À quoi ça sert? À ne pas oublier le travail des semaines précédentes et à se débarrasser des mauvais plis.

Peut-on s’en passer? Non et oui. L’enchainement est indispensable parce que notre mémoire est si défaillante! Mais… rythmé? On peut se passer de l’aspect « rythme », certes, mais on manque une belle occasion de donner à nos comédiens la permission de lâcher leur fou avec le texte!

Allez lire l’article de Lorraine à ce sujet. La générale approche à grands pas et nous fait frémir. Un enchainement rythmé peut tomber à pic!

Chantal

déc 3

Enchainement rythmé: une étape essentielle

Posté le 3 décembre 2010 dans Mise en scène

Par Lorraine Hamilton

Lorsqu’on répète une pièce, on progresse un peu de la manière suivante, selon la longueur et la difficulté des scènes :

Semaine 1 : Travail de la scène 1 (acte 1)

Semaine 2 : Travail des scènes 2 et 3 (acte 1)

Semaine 3 : Travail des scènes 4, 5 et 6 (acte 1)

Semaine 4 : Enchainement des scènes de tout l’acte 1

Semaine 5 : Travail de la scène 1 (acte 2)

etc…

Semaine 12 : Enchainement des actes 1 et 2

Chaque fois qu’on reprend les scènes ou les actes depuis le début, on fait un enchainement. Les enchainements sont essentiels pour ne pas oublier le travail accompli depuis le commencement des répétitions.

L’enchainement rythmé

Il arrive que les comédiens développent des mécanismes désagréables en cours de route. Les enchainements rythmés peuvent servir à les briser, aidant ainsi les comédiens à retrouver un jeu naturel.

En quoi consiste un enchainement rythmé? Le metteur en scène impose diverses conditions d’exécution aux comédiens pendant leur jeu, et ce, à toutes les 30 ou 60 secondes environ.

Chaque fois que je fais des enchainements rythmés, j’obtiens des résultats étonnants! Non seulement mes comédiens ont un plaisir fou, mais leur jeu gagne en souplesse et en fraicheur. Lorsqu’ensuite nous reprenons en mode « normal », je constate que les mécanismes ternes ont disparu!

Voici plusieurs exemples de situations que j’impose à mes comédiens. Plus elles sont farfelues, plus les comédiens s’amusent, meilleur est leur jeu.

« Tout en disant votre texte… » 

  • Vous avez un accent anglais (marseillais, russe, chinois, allemand…)
  • Vous êtes sur la lune en état d’apesanteur.
  • Vous êtes des poissons dans l’océan.
  • Vous êtes dans une caverne où il y a de l’écho.
  • Attention, le plafond va vous tomber dessus!
  • Il y a un bombardement d’avion.
  • Des tarentules essaient de monter sur vos jambes.
  • Vous êtes des cowboys au Far West.
  • Vous avez très mal au ventre.
  • Vous avez envie de vomir.
  • Vous avez la grippe (éternuez, mouchez, toussez).
  • Vous pleurez à chaudes larmes.
  • Vous riez aux éclats.
  • Vous chantez comme des chanteurs d’opéra.
  • Vous êtes des poules dans une bassecour.
  • Vous êtes des marionnettes à fils.
  • Vous fondez comme un bonhomme de neige au soleil.
  • Il fait très froid.
  • Il vente à arracher les toits.
  • Vous êtes sur un bateau où il y a de la houle.
  • Vous tombez de sommeil.
  • Vous êtes de petits bébés.
  • Vous marchez sur un champ de mines antipersonnelles.
  • Vous êtes cernés par une meute de loups.
  • Vous manquez d’air.
  • Vous êtes des guerriers de l’espace.
  • Vous êtes des chimpanzés dans un zoo.
  • Vous êtes des danseurs de ballet.
  • Vous descendez une pente de ski.
  • Vous êtes emportés par une tornade.
  • Vous êtes des chatons.
  • Vous êtes des lions.
  • Vous traversez dans une tempête de sable.
  • Vous glissez sur de l’huile.
  • Vous marchez sur des braises ardentes.
  • Vous sautez sur un énorme trampoline.
  • …… À vous maintenant de trouver des idées!

Bon enchainement!

nov 7

La Samaritaine, mise en scène

Posté le 7 novembre 2010 dans Éditorial

Dans l’éditorial Adapter un texte biblique pour la scène, je vous ai proposé une mise en scène pour le récit de la femme adultère (Jean 8.1-12). Pour l’occasion, je vous ai aussi partagé la démarche qui m’a menée à la rédaction du sketch.

Je récidive avec un autre épisode de l’Évangile selon Jean, le fameux tête-à-tête entre Jésus et la Samaritaine (chapitre 4). Dans la courte pièce intitulée Samar, ou la femme qui avait soif, deux actions se déroulent en parallèle : côté cour, Samar raconte à une amie de longue date sa rencontre avec Jésus; côté jardin, Jésus et Samar échangent les propos tels que les rapporte la Bible.

Pour cette occasion, encore une fois, je vous partage mes réflexions dans l’article Jésus et la Samaritaine: Démarche pour la rédaction d’une pièce. Je souhaite que celles-ci vous soient profitables et vous donnent le gout de mettre en scène les textes bibliques.

Chantal