RSS Feed
avr 7

Petite série en vue…

Posté le 7 avril 2010 dans Éditorial

Cinq composantes de baseAu cours des prochains jours (ou des prochaines semaines), nous publierons une série d’articles intitulée Les cinq composantes de base de l’interprétation, un article par composante. Le contenu est tiré du manuel de DramaShare, DramaShare Training Manual, pour lequel j’ai obtenu une autorisation pour la traduction et l’adaptation.

Voici les cinq composantes qui vous aideront à construire un personnage et qu’il faut aborder dans l’ordre : RÉFLÉCHIR, VOIR, RESSENTIR, SE DÉPLACER, DIRE. Remarquez bien que s’exprimer par le langage vient en dernier!

Lorraine a déjà rédigé des articles sur l’importance d’étudier son personnage avant de l’interpréter. Voyez notamment L’étude du personnage et Bio d’un personnage: cinq sens. Ces textes contiennent une foule de moyens pratiques pour donner une personnalité, une vie, voire un passé, à un personnage. La petite série que nous entreprenons s’inscrit dans le même ordre d’idées.

Ne vous hâtez jamais de jouer un personnage : la réflexion doit précéder le jeu. Si vous êtes comédien ou comédienne, l’étude préliminaire vous aidera à jouer avec une plus grande intelligence et une plus grande crédibilité. Si vous êtes metteur en scène, faites cette étude avec vos comédiens. Vos répétitions gagneront en efficacité! Alors sans plus tarder, découvrez la première composante de base, RÉFLÉCHIR.

Bonne étude!

Chantal

mar 9

Le rire et les pleurs

Posté le 9 mars 2010 dans Interprétation

Cet article est tiré de Drama Club Training Manual publié par DramaShare (2002). Il a été traduit et adapté par Chantal Bilodeau-Legendre avec l’aimable autorisation de DramaShare, www.dramashare.org.

Le rire

En théâtre, le rire est l’une des habiletés les plus difficiles à maitriser. Pourtant, il y occupe une place si importante que nous devons l’apprendre. Dans les faits, le rire se présente comme une réaction décontractée se produisant de façon spontanée. Sur la scène, en général, le comédien amateur est tendu, et non décontracté. Par conséquent, le rire ne lui vient pas avec naturel.

Vers qui pouvez-vous vous tourner pour apprendre à bien rire? Vers les gens de votre entourage! Observez-les et écoutez-les attentivement : vous constaterez qu’ils rient de toutes sortes de manières. Les uns s’esclaffent ou pouffent, les autres gloussent, reniflent ou grognent, d’autres encore se tapent sur les cuisses ou se tiennent les côtes. Cependant, toutes les formes de rire ont un point en commun : le son. Malheureusement, lorsqu’on voit des amateurs sur la scène, bien souvent on n’entend rien.

Remarquez une personne en train de rire. Ses muscles abdominaux se contractent soudainement et provoquent un enchainement de courtes expirations saccadées. En traversant le larynx, l’air expiré devient bruyant. Le halètement (comme celui du chien qui a chaud) est un bon exercice pour s’entrainer au rire : contractez les muscles du ventre en expirant, relâchez-les en inspirant. Tout en haletant ainsi, essayez d’émettre des sons – mais rappelez-vous de produire les « ha! » lorsque vous expulsez l’air par petits coups rapides. Ce genre d’exercice vous fera rire « jusqu’à en avoir mal au ventre », mais ne craignez rien : le mal n’est pas si terrible! Vous trouverez aussi utile de chanter des sons-voyelles tout en contractant les muscles du ventre : ha, ha, ha, ho, ho, ho, hi, hi, hi… Allez de l’aigu au grave, puis du grave à l’aigu. 

 

N’oubliez jamais que ce n’est que par le mouvement rapide des muscles de l’abdomen que vous apprendrez à produire un rire crédible.

 

 

Les pleurs

Tout comme le rire, les pleurs requièrent des efforts. Quand on pleure, on halète et on cherche à reprendre son souffle, et c’est cette action qui est le plus crédible sur la scène. D’habitude, les sanglots se traduisent par des « oh » plus ou moins forts et plus ou moins intenses. Ils sont souvent « dans la gorge » et on essaie de « ravaler ses larmes » : la gorge se resserre et on inspire ou avale pendant un sanglot. Faites bien attention lorsque vous dites votre texte tout en pleurant : il ne faut pas que vos paroles soient étouffées ou « avalées » avec vos sanglots.

Observez aussi une personne qui pleure : tout son corps est engagé. Elle se mord les lèvres, ses sourcils se rapprochent, les muscles de son visage se crispent et se tordent.

Voici ce qu’a écrit Karen Dickson au sujet des pleurs : À mon avis, sur la scène, pleurer n’a rien à voir avec verser des larmes. D’ailleurs, si larmes il y a, c’est presque impossible que les spectateurs les voient. Par conséquent, le comédien doit communiquer les pleurs d’une façon plus visible. [… ]

Pensez à ce qui se passe quand vous pleurez réellement. D’abord, votre respiration change beaucoup. Vous tentez peut-être de retenir votre souffle pour contenir vos larmes, ou bien vous prenez de grandes inspirations pour retrouver votre contenance. Dans un cas comme dans l’autre, si vous essayez de parler et que vous êtes au bord des larmes, vous avez beaucoup de difficulté à maitriser votre voix. Vous bégayez, ou alors un mot sort brusquement en un cri. Et lorsqu’on reprend son souffle après avoir pleuré, il s’agit d’habitude d’une inspiration profonde.

Bien souvent, quand une personne pleure, elle se place les mains près du visage ou elle se cache les yeux – mais ce n’est pas la meilleure chose à faire en théâtre, puisqu’on cherche justement à montrer l’émotion. Vous pouvez choisir par exemple de fermer les yeux tout en vous couvrant la bouche, puis de vouter les épaules tout en les secouant légèrement au rythme des sanglots.

La plupart des gens qui pleurent oscillent entre la retenue et l’abandon. Pour jouer de façon plus crédible, essayez d’incorporer votre texte à vos pleurs. Imaginez qu’il vous faut dire « Je ne peux pas croire qu’il est mort! » Prononcez « mort » dans un crescendo de la voix (un peu comme lorsqu’on pose une question), la finale du mot ressemblant à une sorte de cri aigu. Vous pourriez aussi dire ce mot dans un décrescendo, et le « r », à la fin, devient comme un sanglot déchirant.

Si je dois jouer un personnage éploré, je tends à crisper mon visage. Pleurer vraiment est une action douloureuse pour n’importe qui, et je pense que tous, par nature, nous luttons contre nos propres pleurs lorsque nous pleurons. C’est pourquoi nous contractons les muscles des yeux, des joues… Nous sommes tous probablement différents, mais essayez de vous rappeler une occasion où vous avez pleuré sincèrement. Je suis sure que cela vous est déjà arrivé, même si vous n’êtes pas du genre à pleurer très souvent. […] À la maison, prenez le temps de réfléchir à l’aspect de votre visage, à votre posture, votre voix, votre respiration – car toutes ces choses sont altérées quand vous pleurez. Ensuite, concentrez-vous sur deux ou trois éléments clés et essayez de les reproduire pour les intégrer à votre jeu dramatique. […]

 

Montrez l’émotion et ne cherchez pas à avoir des larmes dans les yeux. C’est l’émotion elle-même qui touchera les spectateurs.

 

Que le Seigneur bénisse vos efforts. Ma prière est que vous parveniez avec succès à créer l’effet recherché et à transmettre l’émotion de votre personnage!

DramaShare nous a fourni le contenu de cet article afin que nos visiteurs puissent en profiter. Si vous croyez ces informations utiles à votre ministère de théâtre, nous vous encourageons à considérer la possibilité de soutenir DramaShare en devenant membre. Voyez les diverses options en cliquant ici.

mar 9

Rire et pleurer

Posté le 9 mars 2010 dans Éditorial

Le rire et les pleurs sont deux manifestations très courantes de nos émotions. Pourtant, ils sont souvent difficiles à rendre de façon crédible sur la scène. Et quoi de plus navrant qu’un rire mécanique ou des pleurs artificiels? Assez pour faire décrocher les spectateurs!

Je crois que l’observation demeure un moyen essentiel d’apprendre à jouer le rire ou les pleurs. Plus on examine « comment font les gens », plus on est en mesure de reproduire leurs actions avec sensibilité.

Je vous suggère de lire dans notre rubrique Interprétation l’article Le rire et les pleurs. Vous y trouverez des conseils et des techniques qui pourront surement vous aider dans votre interprétation.

Et pour vous mettre en train, jetez un coup d’œil sur un court métrage qui présente une hilarité générale dans le métro. La vidéaste Christine Rabette a réussi à montrer le caractère contagieux et bienfaisant du rire. En regardant ces images, je vous invite à observer les différentes « couleurs » dont le rire peut se revêtir: mimiques, sons, gestes. Cela pourrait vous inspirer. Amusez-vous!

Chantal

fév 12

Hey! Relaxe!

Posté le 12 février 2010 dans Éditorial

C’était la générale. Les enfants venaient de revêtir leurs costumes, abandonnant cà et là sur les fauteuils de l’auditorium manteaux et chandails. Pourtant, je les avais prévenus : je ne voulais rien voir trainer! Alors d’une voix forte, j’appelle tous mes petits comédiens et je les réprimande : « Qu’on ramasse au plus vite! » (J’abrège ici, bien sûr…) Tous s’exécutent de bonne grâce. Peu après, une amie qui a assisté à la scène m’invite gentiment à garder mon calme. Quoi? Moi? Je m’étais emportée?… Faut croire que oui…

En y repensant, les musiciens, les chanteurs, les divers responsables et techniciens présents ce jour-là avaient-ils besoin d’entendre la metteure en scène faire des reproches publiquement à sa troupe? Poser la question, c’est y répondre.

Garder son calme. Pas facile. Lorsqu’on gère une équipe de comédiens, les occasions ne manquent pas de perdre son sang-froid. Mais en tant que croyants, nous sommes appelés à porter le fruit de l’Esprit (Galates 5.22). Ce fruit excellent n’est-il pas composé, entre autres vertus, de patience, de bonté, de douceur, de maitrise de soi? Il doit être bien visible dans notre vie! Et dans le cadre de notre ministère de théâtre, nos comédiens doivent en bénéficier les premiers.

Lisez ici quelques conseils pratiques pour vous aider à garder votre calme. J’espère que ces conseils vous seront profitables. Bien entendu, le mieux serait de ne pas en avoir besoin… :-)

Bonne lecture!

Chantal

nov 20

Mémoire affective et Méthode avec un grand M

Posté le 20 novembre 2009 dans Éditorial

La mémoire affectiveLes jeunes tirent au hasard des bouts de papier sur lesquels l’animateur a écrit diverses émotions. Ils doivent les exprimer comme ça, à brûle-pourpoint. Joie. Inquiétude. Colère. Jalousie. Tristesse. Leur jeu fait très « cliché » : on se ronge les ongles frénétiquement, on saute sur place, on croise les bras l’air boudeur, on se contorsionne le visage pour simuler des pleurs. Ouf. Il y a de tout là-dedans – sauf de l’émotion.

Bon, ça va pour les exercices de théâtre – mais on ne peut décemment pas jouer « pour de vrai » en public en exprimant des caricatures d’émotions, surtout quand la pièce est tout sauf une parodie!

Comment reproduire des émotions qui viennent « d’en dedans », des tripes? Comment ne pas se limiter à une sorte de masque grotesque plaqué sur le visage? Comment être si crédible qu’on émouvra le spectateur au point de même lui arracher des larmes?

Il y a quelques décennies, Constantin Stanislavski a répondu à ces questions en développant la notion de mémoire affective et en élaborant sa fameuse « méthode ». Cette méthode a fait école, si bien qu’on parle encore aujourd’hui de LA Méthode, avec un grand M.

Lisez à ce sujet l’article de Lorraine : La mémoire affective et la Méthode.

Et si vous voulez en savoir davantage sur M. Stanislavski, allez jeter un coup d’oeil sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Stanislavski, ou bien lisez son célèbre ouvrage, La formation de l’acteur, aux Éditions Payot. Un classique.

Chantal