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mar 3

Supportez-vous!

« Oui, je fais du théâtre dans mon église, me dit la jeune femme. Mais je préfère travailler seule. C’est plus simple. »

 

C’est vrai qu’il est plus facile de limiter son ministère de théâtre à des monologues ou des mimes en solo. Pourtant, un ministère collectif (qui n’exclut pas nécessairement monologues et mimes en solo!) me semble tellement enrichissant! Enrichissant au sens de « profitable ».

 

Supportez-vous les uns les autres.* Le travail d’équipe est une occasion idéale de mettre cette exhortation de Paul en pratique! En effet, il exige l’apprentissage de la solidarité, du partage, de la patience, de la compassion, du don de soi. Comment apprendre à supporter les autres si on évite les contacts avec eux? Le théâtre en église offre une foule d’occasion de côtoyer des gens très différents de nous et d’être pour eux une source de soutien et d’encouragement.

 

Et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre… Un ministère collectif comporte inévitablement son lot de frustrations. Des tempéraments opposés entrent en collision. Des divergences d’opinion surgissent. Des imprévus chez l’un ou chez l’autre bousculent l’horaire des répétitions. Il n’est pas rare que durant la production d’une pièce de théâtre certains participants finissent par se tomber sur les nerfs! Édith n’a pas mémorisé son texte. Julien fait le pitre durant les exercices de théâtre. Suzie est timide à en pleurer : on l’entend à peine quand elle parle. Jim et Joe ne cessent pas de s’asticoter quand la metteure en scène a le dos tourné… Pourquoi tous n’ont-ils pas le même degré de talent, de sérieux, de consécration? Pour la simple raison que chacun et chacune est unique – et pécheur par surcroit!

 

Pardonnez-vous mutuellement. Le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. Je crois que l’apprentissage du pardon « non-stop » est un avantage indéniable du travail d’équipe. Accepter les différences de l’autre (ou les « endurer »!) et lui pardonner ses erreurs et ses faiblesses, à l’exemple de Christ, voilà qui est formateur!

 

Car le théâtre en église n’est pas simplement un divertissement, mais d’abord et avant tout un lieu de rencontre pour ceux et celles qui veulent servir Dieu et porter son message par le moyen de l’expression dramatique. Et ce lieu de rencontre devient une occasion de croissance, tant pour les comédiens que pour les metteurs en scènes et les techniciens. Si nous mettons en pratique les préceptes que Dieu nous donne, notre ministère portera du fruit non seulement au sein de l’équipe même, mais jusque dans le cœur des gens qui recevront notre message. Et alors, tout l’honneur rejaillira sur Dieu.

 

Chantal

 

* Les phrases en gras italique dans ce texte correspondent à Colossiens 3.13. Citation extraite de la Bible Le Semeur. © Copyright 1992. Société biblique internationale. Avec permission.

 

fév 17

Le cabotinage

Posté le 17 février 2009 dans Interprétation

Bob donne un coup de coude à son voisin.

– Hé, Max! T’as vu le soldat qui vient de foncer sur la colonne?

– Euh non… Je regardais Jésus…

– Non, mais, regarde-le : il trébuche devant Pilate!

On entend des rires étouffés dans la salle.

– Quel comique, ce type!

– T’as raison, Bob! Tombera… tombera pas… tombera… Ouf!

– Tordant!

– Euh… où il est rendu, Jésus? Il est sorti? J’en ai manqué un bout, moi!

Après la pièce :

– Franchement, celui qui a joué le soldat était génial!

 

Trouvez l’erreur.

 

La troupe a travaillé pendant trois mois pour présenter les derniers événements de la vie de Jésus. Le superobjectif de la pièce, « Jésus a donné sa vie pour nous sauver », était pourtant clair pour tous les comédiens. Malheureusement, les pitreries d’un seul ont fait dévier la flèche de son but.

 

 

Le cabotinage, parfois appelé flirt avec le public, consiste à « voler la vedette », à attirer sur soi, de façon volontaire, l’attention du public, au détriment de ses compagnons de scène. Le cabotinage est à l’antipode de la générosité, qualité importante à cultiver quand on est comédien.

 

 

 

Le cabotinage : à proscrire!

Si sa réplique ou son entrée en scène est drôle et qu’il sent le public y réagir, le comédien doit éviter d’en rajouter pour augmenter ou prolonger les rires. Si un autre est en train de dire sa réplique, il ne cherchera pas à attirer les regards sur lui-même. Plusieurs tombent dans ce piège des « minutes de gloire ». Gardez à l’esprit que la pièce est un travail d’équipe. Un joueur de basket-ball n’aurait jamais l’idée de faire une passe dans les gradins! Pourtant, c’est justement ce que fait le comédien qui cherche à amuser l’auditoire. Chaque équipier doit être entier à son équipe.

 

Il est important de comprendre que le cabotinage a pour effet de détourner l’attention de l’action qui se passe au même moment sur scène. Le spectateur devra nécessairement choisir entre observer les drôleries du cabotin et regarder la scène importante qui l’aidera à comprendre la progression de l’histoire. Trop souvent, hélas, les drôleries l’emportent.

 

Sur la scène – comme dans la vie d’ailleurs – il ne faut pas chercher à supplanter qui que ce soit, mais plutôt agir avec simplicité, humilité et générosité.

 

Lorraine