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sept 21

Le schéma actanciel

Posté le 21 septembre 2009 dans Écriture, Mise en scène

Le schéma actantiel, ça sert à quoi?

Le schéma actantiel précise les relations qui existent entre les personnages d’un récit. On peut analyser les œuvres théâtrales, aussi bien que les romans par exemple, au moyen du schéma actantiel. On y voit si la situation est équilibrée et si tous les éléments de la narration y sont présents. Qui est le personnage principal? Quel but poursuit-il? Quels facteurs le poussent vers son but? Qu’est-ce qui lui vient en en aide? Qu’est-ce qui lui nuit?

 Actantiel1

Le sujet correspond au personnage dont on fait l’étude. Il a nécessairement une quête personnelle rattachée à son rôle dans la pièce, sinon il ne servirait à rien dans l’histoire.

L’objet a ici le sens d’objectif. Il n’y aurait pas d’histoire intéressante si le sujet réussissait à obtenir immédiatement son objet. Pour cette raison, il se heurte à divers obstacles durant sa quête. Tout ce qui s’oppose à son projet est un opposant; tout ce qui l’aide à le réaliser est un adjuvant. Plusieurs opposants et adjuvants sont possibles. Ce peuvent être des personnages, des choses ou des événements.

Le destinateur est ce qui motive le sujet à entreprendre sa quête. Le destinateur est souvent l’actant le plus difficile à trouver. Il peut s’agir d’une personne ou d’une force morale qui provoque ou mandate la quête. On réussit à l’identifier en posant la question « Pour qui… (ou pour quoi) le sujet entreprend-il sa quête? ».

 Quant au destinataire, il s’agit de la personne à qui profitera la quête. On se demande alors « À qui l’aboutissement de la quête servira-t-il? »

 Voici une petite illustration simpliste…

 À la demande du roi (destinateur), le preux chevalier (sujet) veut délivrer (quête) la princesse (destinataire). (Mais il est possible que le destinataire soit aussi le roi, qui veut récupérer sa fille, ou même le chevalier, qui veut l’épouser!) Le chevalier doit d’abord affronter le dragon féroce (opposant) qui garde le château ainsi que la méchante sorcière (opposant) qui a ensorcelé la tour. Heureusement, grâce à sa fidèle épée magique et à la fée Mélusine (adjuvants), il parviendra à libérer la belle.

 Le naufrage de Paul

Voyons maintenant le récit du naufrage de l’apôtre, selon deux points de vue : celui des soldats et celui du centenier. Mais d’abord, le texte.

 « Les soldats furent d’avis de tuer les prisonniers, de peur que quelqu’un d’eux ne s’échappe à la nage. Mais le centenier, qui voulait sauver Paul, les empêcha d’exécuter ce dessein. Il ordonna à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers dans l’eau pour gagner la terre, et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des débris du navire. Et ainsi tous parvinrent à la terre sains et saufs. » (Actes 27.42-44)

 « Leur vie ou la nôtre! » (les soldats)

Mise en contexte : Il est connu qu’à l’époque, un soldat romain qui perdait un prisonnier devait répondre de sa vie. C’est pour cette raison que, dans ce récit, ils cherchent à tuer les prisonniers plutôt que de les voir s’enfuir.

En bref…

Le sujet = les soldats

Leur objet (ou objectif) = tuer les prisonniers (dont Paul)

Le destinateur (qui les motive?) = la peur de mourir

Le destinataire (qui en profitera?) = les soldats eux-mêmes

L’opposant = le centenier

L’adjuvant (aidant) = rien ni personne

 actantiel2

 « Tous doivent rester en vie! » (le centenier)

Mise en contexte : Paul avait informé l’équipage que Dieu les protégerait tous, selon la vision qu’il avait eue (Actes 27.21-26). Le centenier croit aux paroles de Paul.

 En bref…

Le sujet = le centenier

Son objet (ou objectif) = sauver Paul

Le destinataire (qui le motive?) = sa confiance (ou sa bonté, voire Dieu lui-même)

Le destinataire (qui en profitera?) = Paul et les prisonniers

L’opposant = aucun (les soldats obéissent aussitôt)

L’adjuvant (aidant) = aucun (l’autorité du centenir suffit)

 actantiel3

Le récit du naufrage de Paul remplit les conditions du schéma actanciel pour deux sujets. Il arrive que certaines quêtes n’aient ni opposant, ni adjuvant, comme dans le deuxième exemple. Mais chaque action doit essentiellement remplir les autres conditions (avoir un destinateur et un destinataire) pour qu’on puisse la considérer comme une action réelle et utile à un récit. On peut les comparer à des signes vitaux qui déterminent si un être est vivant ou non.

 Par conséquent, si un personnage dans une pièce pose une action qui n’a ni destinateur, ni destinataire et surtout ni objet, ce personnage est alors inutile et alourdit simplement la scène ou la pièce. On peut observer ce genre de situation dans les sketches où des personnages entrent sur scène sans but précis, sans raison évidente – si ce n’est celle qu’on voulait donner un rôle à Untel parce-qu’il-voulait-tellement-jouer-cette-fois-ci…  ou qu’on voulait faire rigoler l’auditoire…

Pour qu’une histoire soit bien bâtie, chaque personnage et chaque action doivent faire progresser l’histoire vers son superobjectif. Sinon, on distraira vainement le public, détournant même son attention de l’objectif réel.

 Lorraine et Chantal

Voici les commentaires

  1. Schwartz dit :

    Merci pour votre site si précieux, j’ai commencé à prendre des cours de théâtre dans une salle d’animation municipale (cette année c’est rien puisque que le lieu ne fournit plus la prestation) Vos explications sur l’interprétation, les silences complètent si bien mes cours, il m’arrive d’interprêter des courtes pièces mais seul pour l’instant lors de culte, mais j’espère bien ne pas rester seul malgré notre mini église.

  2. Leandro Jara dit :

    Gracias muy interesante la pagina y todo su contenidos DIOS les continue Usando y bendiciendo.-

  3. paul MBALA dit :

    merci d’avoir mis à notre disposition ce site très riche parce qu’il permet d’avoir des amples informations sur le théâtre. à plus tard!

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