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fév 6

Création de décors peints: un témoignage, des réflexions

Posté le 6 février 2012 dans Technique, Théâtre et foi




Chantal Bilodeau-Legendre

Après avoir présenté plusieurs toiles de Pascal Le Cossec (voyez ici, et ), je vous propose des extraits de quelques courriels que Lorraine et moi avons échangés avec lui au cours des derniers mois. Le texte en italique reprend les propos de Pascal; le reste correspond à mes réflexions personnelles. (Merci à Pascal pour la photo!)

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Merci à Pascal Le Cossec pour la photo!Pascal fréquente une église évangélique en Île-de-France, près de Versailles. Il dessine depuis l’enfance… « J’ai en fait toujours su dessiner. Tout petit déjà, à l’école, je m’amusais à reproduire les cartes de géographie à main levée, alors que cela cassait les pieds à tout le monde! Je pense que le Seigneur donne des dons à certaines personnes, et pour cette facilité de peindre je lui suis infiniment reconnaissant. »

Une fois passée la nécessité des cartes géographiques, Pascal est allé jouer dans la « cour des grands »… « C’est en grandissant que je me suis perfectionné dans la peinture à l’huile sur toile. [Après m’être engagé] pour la première fois, une année dans une fête de Noël de l’église, j’ai continué et nous en sommes arrivés à ce niveau. »  Pascal dit « nous en sommes arrivés à ce niveau ». « Nous », c’est qui?

« Nous sommes une bonne petite équipe, qui nous occupons de toutes les fêtes et autres manifestations. […] Je me suis constitué une équipe de peintres qui peuvent faire les grandes surfaces pendant que je m’occupe des détails et des finitions. […] Je m’occupe des décors, de la réalisation des accessoires et éventuellement du maquillage, tout ce qui touche à la déco en général. » Les textes des fêtes et programmes relèvent donc d’une autre personne (ou d’une autre équipe). Pascal travaille assurément en étroite collaboration avec les concepteurs des textes afin de produire le décor adéquat.

Pascal peint généralement sur du tissu. Les toiles mesurent 2,50 m x 4 m à 3 m x 6 m pour les plus grandes. Le défi que pose l’estrade de son église est l’absence de coulisses. Comment y remédier? « L’estrade est quasiment au ras du sol et il n’y a pas d’accès derrière l’estrade. Nous fabriquons donc à gauche de l’estrade un décor faisant office de coulisse reprenant le thème général de la fête. »

Un même programme peut requérir plusieurs décors. En effet… « Ces décors peuvent aller jusqu’à cinq en plus des coulisses, donc une manutention importante qu’il convient d’inclure dans le déroulement de la fête. […] Les décors de chaque scène sont accrochés en début de scène les uns par-dessus les autres sur le mur du fond, derrière l’estrade. Une équipe de deux personnes les décrochent au fur et à mesure de l’avancée de la fête. »

On peut imaginer que les œuvres de Pascal sont nombreuses. Qu’en fait-il une fois les fêtes terminées? « Mes toiles sont entreposées dans un local ignifugé (ordonné par la commission de sécurité de notre commune). Nous y regroupons tous nos éléments de décors. […] Les toiles sont enroulées autour d’un tube en PVC ou en carton – c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour les garder en bon état. Les plier est catastrophique pour la peinture! »

Y a-t-il moyen de les prêter ou de les louer? Oui, bien sûr, mais soyons réalistes… Il arrive que des églises ne rendent pas les équipements empruntés. D’autres n’ont pas les moyens de payer pour la location ou d’assurer le transport sécuritaire de ces articles surdimensionnés. Et justement : « Ces toiles sont faites aux dimensions de notre estrade avec un texte spécialement écrit pour notre église, vraiment personnalisé. » On imagine donc des œuvres d’art faites expressément pour une fête bien précise, comme on écrit des histoires expressément pour une occasion particulière, textes qui ne resservent jamais, mais qui laissent d’heureux souvenirs dans l’esprit de ceux qui en ont bénéficié.

Pourquoi faire de si grandes toiles, pourquoi dépenser tant d’énergie, de matériel (certains ajouteront : d’argent), pour produire quelque chose qui, bien souvent, ne servira qu’une seule fois?

Pourquoi, en effet? Bonne question. Qu’en pense Pascal? Les mots qui suivent révèlent pourquoi il met tant de cœur à son art : « Je suis toujours à la recherche de nouvelles idées pour m’améliorer, pour que cette fête soit digne du Dieu que nous adorons, car c’est avant tout pour cela que je le fais. Ensuite, j’aime que cela soit beau envers les nouvelles personnes qui se présentent à cette occasion, ce n’est pas parce que c’est gratuit que cela doit être moche. Et puis, le message qui est transmis est tellement beau que ce que nous faisons pour le Seigneur doit être beau. »

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Permettez que je vous laisse sur ces réflexions que m’inspire le témoignage de Pascal :

● Dieu donne des dons à chacun. Les habiletés artistiques viennent de lui. (On trouve un bel exemple dans Exode 31.1-6.)
● Dieu aime la beauté – il en est lui-même l’Auteur. La création tout entière en témoigne.
● Si nous cherchons, en toute humilité et pour honorer notre Seigneur, à nous améliorer dans notre art – que ce soit dans l’écriture, le jeu dramatique, la peinture, la musique, le chant, la prédication, l’enseignement… – c’est toute l’église qui peut en profiter.
● Notre Dieu n’exige pas la perfection au sens où nous la percevons, avec nos exigences et nos critères tout humains et imparfaits, car il sait de quoi nous sommes formés (Psaume 103.14). Cependant, il est digne que nous lui offrions le meilleur de nous-mêmes et de nos talents (Romains 12.1-2).
● Nous ne devons pas évaluer la valeur de notre travail d’après le nombre de personnes qui le voient, le nombre de fois où il « sert », etc… Seul le regard de Dieu a de l’importance.

sept 12

Une comédie musicale pour Noël?

Posté le 12 septembre 2009 dans Article, Noël, Théâtre et foi

Septembre est arrivé, les vacances sont finies pour tout le monde – ou presque – et il faut penser au programme de Noël, si ce n’est pas déjà fait. Clubs bibliques, école du dimanche, groupe de jeunes… plusieurs, dans l’église et ailleurs aiment organiser quelque chose de « spécial » à l’occasion de Noël. Et puis, soyons francs : bien des personnes qui ne mettent que rarement les pieds à l’église y viennent volontiers pour assister à une pièce de théâtre dans laquelle Choupinette ou Berlingot joue un rôle! En explorant notre site, vous trouverez quelques pièces ainsi que des liens externes qui sauront sûrement vous inspirer pour préparer Noël. 

Nous cherchons à savoir ce qui ce fait dans le domaine du théâtre au sein du monde évangélique francophone, afin de regrouper au même endroit (dans nos pages web!) le plus de ressources et de liens possibles. Quand on a un coup de cœur, on le partage! C’est pourquoi je vous propose d’aller visiter le site du Théâtre de la Présence lanaissance.org pour découvrir (ou redécouvrir) une comédie musicale tout à fait originale : « La naissance ». Une belle collaboration de Frank Debeaud et Kathryn Baxter.

L’histoire en quelques mots : « Nazareth, l’an zéro… Après un mariage sauvé de justesse Joseph et Marie, partent à Bethléem pour y être recensés. Marie est enceinte et sur le point d’accoucher. Le couple part alors en quête d’un logement et fait, au cours de son périple, d’insolites rencontres : un colporteur de souvenir, un voleur célèbre, une employée de mairie… Pendant ce temps, quelque part en Orient, trois mystérieux mages et leur apprenti suivent une étoile plus brillante que toutes les autres … » (extrait du synopsis). Vous l’aurez deviné, de nombreux anachronismes se glissent dans le récit biblique, lui donnant une touche à la fois humoristique et contemporaine. La douzaine de chants composés pour cette comédie présentent des rythmes variés et accrocheurs. Un CD a d’ailleurs été produit, disponible à cette adresse : sephoramusic.com où vous pouvez en écouter des extraits.

Jetez aussi un coup d’œil aux extraits vidéo et aux nombreuses photos publiées sur le site lanaissance.org. Comme je trouve inspirantes de telles images! Quand on prend le temps de les observer (et je parle ici de façon générale – faites de même avec les photos de notre propre site!), surgissent alors dans notre esprit des idées nouvelles de décor, de costumes, de jeux de scène…

Le Théâtre de la Présence, c’est aussi un spectacle-lecture conçu d’après le livre de Martin Luther King, La force d’aimer. Une formule créative et très actuelle. Faites un petit détour à cette adresse : laforcedaimer. Ça pourrait vous inspirer pour un programme théâtral ultérieur!

Dans mon coin de pays, les arbres commencent tout doucement à revêtir leurs atours d’automne. L’hiver n’est plus très loin. Noël non plus. Je vous souhaite de belles trouvailles en vue de cette fête. Et si vous aussi, vous avez des coups de cœur, partagez-les-nous!

Chantal

juin 27

Appel à tous!

Posté le 27 juin 2009 dans Théâtre et foi

Cette comédienne a le feu sacré, entend-on parfois. Par ces mots, on désigne la passion intérieure, l’enthousiasme, l’inspiration qui l’animent. Avoir le « feu sacré » en théâtre est souvent très exaltant – on joue comme habité par son personnage, porté par un élan, et c’est « magique » chaque fois qu’on monte sur les planches.

Le théâtre avait cet effet « magique » sur moi à l’adolescence. Cependant, lorsque j’ai embrassé la foi chrétienne, un autre feu s’est allumé dans mon cœur. Après un certain temps, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas entretenir deux feux en même temps. Inévitablement, l’un des deux allait être négligé… et je craignais, si je poursuivais des études exclusivement en théâtre, d’être poussée à faire des compromis avec mes valeurs nouvelles.

Parvenue à un carrefour dans mes études, j’ai opté pour une profession plus « sérieuse » en me disant que, diplôme en poche, j’allais pouvoir quand même faire du théâtre comme un à-côté. Avec les années, j’ai découvert que je pouvais vraiment faire du théâtre, sans faire de compromis avec ma foi. Mais au début, dans mon petit patelin, j’étais plutôt isolée et à court de moyens…

Je suis certaine de ne pas être la seule à avoir vécu une telle situation. Encore aujourd’hui, d’autres vivent un dilemme semblable: comment assujettir ses talents à ses convictions? Je crois que nombreux sont les croyants qui, animés d’un feu pour le Seigneur, brûlent de l’exprimer par le moyen du théâtre – ou par toute autre forme d’expression artistique (mime, manipulation de marionnettes, danse, etc.). Mais où sont les « petites communautés » qui partagent cette double passion?

Grâce au vaste réseau de communication et d’échanges qu’est internet, Lorraine et moi avons commencé à recenser quelques groupes ayant un ministère de théâtre dans la Francophonie. Certaines de ces troupes offrent des représentations, d’autres de la formation. De confessions diverses, elles sont indépendantes, ou bien associées à des églises. Notre premier « recensement » apparaît sur la page Annuaire de ministères d’expression dramatique à caractère évangélique, dans la rubrique Ressources.

Cet annuaire est très modeste, mais il ne demande qu’à s’enrichir. Et nous avons besoin de vous! Écrivez-nous à theatreevangelique@hotmail.com pour nous aider à augmenter la liste de nos trouvailles! Merci à l’avance!

Chantal

mai 20

Des histoires qui voyagent

Posté le 20 mai 2009 dans Écriture, Théâtre et foi

bigfoto-com-balloons-8e1Alsace, 1997 ou 98. Anne (du blog / choisislavie) et son mari ont à cœur de raconter l’histoire de Josué sous forme de comédie musicale, avec la participation de plusieurs enfants. Pour l’occasion, Claire-Lise Schmidt, cousine d’Anne, compose plusieurs chants. De ce projet naîtra peu après le très beau CD Terre promise, produit par l’association française Laisse-moi te raconter .

 

Québec, 2004. Les responsables de l’école du dimanche de mon église me donnent le CD Terre promise pour m’inspirer un projet de théâtre pour les enfants plus âgés de l’EDD. À plusieurs reprises, j’écoute les chants et lis les extraits du « journal » de Rahab, dans le livret accompagnant le disque. Des personnages prennent vie dans mon esprit, des dialogues résonnent dans ma tête. De ce disque naîtra peu après la pièce Terre promise, que nous avons publiée la semaine dernière dans notre rubrique Pièces.

 

Après avoir découvert notre script, Anne m’a écrit : « C’est super de savoir que depuis, de nombreux enfants se sont approprié ces mêmes paroles [de chants] et se sont construit des souvenirs inoubliables en travaillant sur des scénarios successifs et divers. » 

 

Le Seigneur fait voyager chants et textes par delà les océans. Il multiplie ses bénédictions, et je trouve ça génial! 

 

À propos d’écriture

Le disque Terre promise est bien structuré. Les chants s’enchaînent de façon logique et présentent, avec des rythmes et des styles variés, la trame de l’histoire de Josué et de ses victoires en Canaan. Écrire une pièce « autour » de ces chants a été facile, en un sens, car je disposais d’un bon fil conducteur.

 

Mais quand on part de zéro, comment s’assurer de bâtir une pièce bien structurée, tenue par un bon fil conducteur? Les articles suivants (qui traitent d’abord de mise en scène) vous donnent quelques éléments de réponse :

 

! Passera, passera pas?

! Le superobjectif et la ligne d’action principale

! L’intrigue

 

Alors, si le Seigneur vous met l’écriture à cœur, écrivez! Et qu’il fasse voyager vos récits!

 

Chantal 

 

avr 25

Ombres et lumière

Posté le 25 avril 2009 dans Théâtre et foi

Le mois dernier, deux internautes nous ont posé des questions relativement à l’éclairage. Les réponses de Hugo et Lorraine à leurs commentaires sont devenues des articles de la rubrique Technique. (Voyez Quatre zones et Effet marin.) De cette façon, nos lecteurs pourront les repérer plus facilement s’ils font une recherche par catégorie ou par mot clé.

 

Personnellement, la technique n’est pas mon fort. Hugo est un passionné de l’éclairage de scène! Et Lorraine déniche des ressources et des bonnes idées! Mes connaissances en éclairage sont très limitées. Cependant, je pourrais résumer en quelques mots un principe essentiel : La juste orientation des projecteurs permet de chasser les ombres des comédiens. (Voyez l’article L’éclairage).

 

Chasser les ombres. Quelle belle image!

 

Chasser les ombres sur la scène est excellent. Comme c’est agaçant de voir danser l’ombre d’un comédien sur le visage d’un autre! On perd alors des mimiques, des gestes importants – en plus, peut-être, de perdre patience!

 

 Mais chasser les ombres dans la vraie vie? N’est-ce pas mieux encore?

 

Jésus affirme être lui-même la lumière du monde, et il chasse les ténèbres intérieures de ceux qui placent leur confiance en lui. Ces derniers, à leur tour, doivent marcher en enfants de lumière et porter la lumière de Christ autour d’eux.

 

Tout cet échange de lumière, tout ce balayage d’ombres, le théâtre évangélique peut-il y contribuer? Oui, je pense qu’il peut être un outil utile à cet effet. Je crois que le monde a besoin d’un théâtre lumineux, porteur d’espérance. Mais aussi d’un théâtre sensible, fier de son message et respectueux de son public. D’un théâtre de qualité qui donne soif – comme le sel donne soif. D’un théâtre humble qui indique un chemin – qui pointe vers Celui qui est le chemin.

 

L’entreprise peut sembler de taille, mais le grand Créateur prend plaisir à équiper ceux qu’il appelle à le servir par le théâtre (et par n’importe quel autre moyen, d’ailleurs!). Être à l’écoute de sa voix, être à l’affût de ses ressources, marcher soi-même dans sa lumière… Voilà des façons de progresser constructivement dans son ministère de théâtre. Certes, cela n’exclut ni les difficultés ni les erreurs, mais nous permet de vivre en étroite dépendance de Celui qui est l’Auteur de toute créativité.

 

Chantal