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mai 30

Démarche pour une mise en scène (Jean 8.2-12)

Posté le 30 mai 2010 dans Mise en scène, Écriture

par Chantal Bilodeau-Legendre

Deux préalables

Pour mettre en scène un texte biblique, prenez le temps de le lire à maintes reprises. Méditez-le amplement. Ne faites pas cet exercice simplement dans un but « théâtral » : faites-le pour vous personnellement. Plus le texte vous parlera à vous, plus vous serez en mesure de le rendre vivant pour vos auditeurs. Autrement dit, laissez la Parole de Dieu agir dans votre cœur avant tout.

Présentez votre intention d’écriture à Dieu. Parlez-lui de votre projet! Dieu est non seulement le Créateur, mais encore la source de toute créativité. Soyez attentif aux images et aux mots que son Esprit vous soufflera.

Je me limite ici à ces deux préalables. D’autres activités s’imposent, comme la lecture du contexte, mais je crois que la méditation et la prière sont souvent négligées. Il arrive qu’on ait hâte de se mettre à écrire, mais on oublie qu’avant d’écrire, il faut avoir nourri son âme et communiqué avec le principal Intéressé.

Une démarche

Je vous partage bien humblement la démarche qui a entouré l’adaptation de Jean 8.2-12. Je ne procède pas toujours de la même manière et je ne crois pas qu’il existe une façon unique de faire. Ma prière est simplement que mes suggestions vous inspirent et vous donnent le gout d’écrire des pièces qui donnent vie au texte biblique.

Le texte

J’ai recopié ci-après le texte de la pièce. J’y ai inséré, en retrait, les versets bibliques de Jean 8 ainsi que des réflexions personnelles en rapport avec le choix des jeux de scène et des répliques. (Pour télécharger le texte seul de Jésus libère de la condamnation en fichier PDF, sans les versets et les commentaires, cliquez ici.)

Scène 1 : Jésus enseigne ses disciples

Verset 2 – « Il revint de bonne heure dans la cour du Temple et tout le peuple se pressa autour de lui; alors il s’assit et se mit à enseigner. » (Jésus a parlé de l’eau vive la veille, selon Jean 7.37-38. Le texte ne dit pas sur quoi Jésus enseignait dans Jean 8. Un fond musical couvrira donc ses paroles. )

Côté cour : Jésus entre en scène. Plusieurs personnes le suivent, l’entourent. Ils occupent environ la moitié de l’espace scénique. On entend le bruit confus de leurs voix : « Maitre, parle-nous du royaume de Dieu! Ces fleuves d’eau vive, qu’est-ce que c’est? Explique-nous! » (Inspirez-vous du contexte pour improviser des questions.) Jésus s’assoit sur un banc, le groupe prend place autour de lui, mais un peu en retrait. Sur un fond musical, on voit Jésus qui enseigne ces gens.

 

Scène 2 : Des hommes amènent une femme à Jésus

Verset 3 – « Tout à coup, les interprètes de la Loi et les pharisiens trainèrent devant lui une femme qui avait été surprise en train de tromper son mari. Ils la firent avancer dans la foule et la placèrent bien en vue devant Jésus. » (« Ils la firent avancer DANS la foule. » Pour des raisons de visibilité et d’équilibre du plateau, j’ai choisi de mettre la foule d’auditeurs d’un côté et les hommes de l’autre. La femme est par terre, devant ses accusateurs qui se tiennent tous debout – son humiliation est encore plus grande. La musique se tait. Le temps est suspendu.)

Côté jardin : Des hommes entrent, trainant sans ménagement une femme terrorisée. Ils se tiennent dans la seconde moitié de la scène. Le fond musical décroit. Silence.

Un homme pousse la femme au milieu. Elle tombe et reste accroupie sur le sol, tête baissée. Jésus et la femme se trouvent donc au centre de la scène; les auditeurs sont assis côté cour; les accusateurs debout côté jardin.

 

Scène 3 : Les accusateurs pressent Jésus de questions

Versets 4 et 5 – « ‘Maitre, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère; elle a été prise sur le fait. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas?’» (Plusieurs hommes s’adressent à Jésus. Peut-être que, dans les faits, ils parlaient tous en même temps! J’ai choisi de répartir cette tirade entre trois personnes.)

Verset 6a – « En lui posant cette question, ils voulaient lui tendre un piège, dans l’espoir de trouver quelque prétexte pour l’accuser. » (Cette indication révèle que la femme n’est en fait qu’un instrument entre leurs mains. Ils n’ont aucune pitié pour elle. Bien entendu, on se demande : Pourquoi n’ont-ils pas aussi emmené l’homme avec qui elle se trouvait, comme le suggère Lévitique 20.10? Les intentions de ces hommes n’ont rien à voir avec la justice.)

Homme 1 :  Maitre, cette femme a été surprise en train de coucher avec un homme!

Homme 2 :  Et cet homme, ce n’est pas son mari! (Rires méchants, murmures.)

Homme 1 :   Moïse, dans la loi, nous a ordonné de tuer de telles femmes à coups de pierre!

Homme 3 :  Et toi, que dis-tu?

Verset 6b – « Mais Jésus se baissa et se mit à écrire du doigt sur le sol. » (Je glisse ici un long silence, car c’est dans le silence que les accusateurs – et les spectateurs – ont de l’espace pour réfléchir. Certains parmi la foule pourraient même tenter de voir ce que Jésus est en train d’écrire.)

Silence. Jésus regarde la femme, puis les accusateurs de cette dernière. Pour toute réponse, il se baisse et dessine sur le sol, avec le doigt. Auditeurs et accusateurs sont perplexes.

Verset 7a – « Eux, ils insistaient, répétant leur question. » (Ici encore, plusieurs personnes prennent la parole. Je découpe la question et la reformule autrement.)

Homme 1 :   Cette femme est adultère, Maitre!

Homme 2 :  La loi de Moïse est claire : il faut la lapider!

Homme 3 :  Qu’en penses-tu?

Homme 1 :   Pourquoi tu ne réponds pas?

Homme 3 :  On la tue, oui ou non?

Verset 7b – « Alors il se releva et leur dit : ‘Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre!’ » (Après le nouvel interrogatoire, un autre silence s’impose. Quand Jésus ouvre la bouche, sa réponse est comme une flèche lancée en plein cœur – une flèche lancée tout en douceur…)

Silence. Puis, Jésus se lève, ôte la poussière de ses mains et regarde les accusateurs.

Jésus :  Parmi vous, lequel est sans péché? Celui-là peut lui jeter la première pierre.

Versets 8 et 9 – « Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol. Après avoir entendu ces paroles, ils s’esquivèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, laissant finalement Jésus seul avec la femme, qui était restée au milieu de la cour du Temple. » (Un nouveau précieux silence… où l’on doit sentir, palper, même, le malaise des accusateurs.)

Silence. Jésus se baisse de nouveau et se remet à écrire sur le sol. Il est tout près de la femme. Confus, les hommes se regardent les uns les autres. Un à un, lentement, du plus vieux au plus jeune, ils sortent par où ils sont entrés.

 

Scène 4 : Jésus libère la femme

Verset 10 – « Alors Jésus leva la tête et lui dit : ‘Eh bien, où sont donc passés tes accusateurs? Personne ne t’a condamnée?’  ‘Personne, Seigneur’, lui répondit-elle. Alors Jésus reprit : ‘Je ne te condamne pas non plus. Va, mais désormais, ne pèche plus.’ » (L’action se déroule lentement… Ce geste d’aider la femme à se relever dénote la délicatesse de Jésus et son désir de lui redonner sa dignité. Il ne cherche pas à l’humilier davantage. Quand il ordonne à la femme de ne plus pécher, cette dernière sent son cœur se transformer : Jésus lui a littéralement sauvé la vie, mais on peut croire à raison qu’il lui a aussi sauvé la vie spirituellement. Bien qu’elle ne dise que deux petits mots, la femme, par les jeux de scène suggérés, exprime à la fois sa reconnaissance et son sentiment de libération.)

Jésus se redresse. Il aide la femme à se relever. Elle garde la tête baissée.

Jésus :    Dis-moi, où sont passés les hommes qui t’accusaient?

Hésitante et apeurée, la femme regarde autour d’elle.

Jésus :    Personne ne t’a donc condamnée?

Femme :   Personne, Seigneur.

Jésus :   Moi non plus, je ne te condamne pas. [Pause.] Tu peux partir, maintenant. Et désormais, quitte ta vie de péché.

Reconnaissante, la femme prend les mains de Jésus et les embrasse. Elle sort. Jésus retourne à ses auditeurs, qui ont observé toute la scène en silence. Il s’assoit.

Verset 12 – « Jésus parla de nouveau en public : ‘Je suis la lumière du monde, dit-il. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres : il aura la lumière de la vie.’ » (Au lieu de clore le récit avec le départ de la femme, v. 11, j’ai choisi d’inclure le verset suivant, comme pour « boucler la boucle » et montrer que cet « incident » n’a pas perturbé Jésus. Ce dernier reprend peut-être la leçon là où elle avait été interrompue… qui sait? Je trouve d’ailleurs que cet enseignement sur la nécessité d’avoir la lumière de la vie plutôt que de marcher dans les ténèbres fait ressortir la condition spirituelle des accusateurs et celle, nouvelle, de la femme qu’il vient de libérer de la condamnation.

Jésus :   Je suis la vraie lumière qui éclaire le monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans l’obscurité, mais il aura au contraire la lumière de la vie.

Le fond musical reprend tandis que Jésus se remet à enseigner.

* * * * * * *

 Toutes les citations bibliques sont extraites de La Bible du Semeur. Copyright © 1992, Société Biblique Internationale. Avec permission.

 

jan 6

Le don de l’écriture

Posté le 6 janvier 2010 dans Écriture, Éditorial

Je vous partage un texte de Jill Lamkin qui me rejoint tout particulièrement…

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi. Oui, il m’a consacré pour apporter une bonne nouvelle… (Ésaïe 61.1a, Parole de Vie).

– Éternel, consacre-moi pour apporter ta bonne nouvelle.

Par un matin de Pâques, tandis je regardais les gens assemblés à l’église, Dieu souffla  à mon cœur : « Regarde leurs visages. »

Les uns semblaient s’ennuyer; les autres avaient l’air distrait. Certains arboraient un air mécontent, indice qu’ils étaient venus par obligation; plusieurs paraissaient vraiment en quête de quelque chose, le cœur plein d’attente. D’autres encore semblaient avoir trouvé la communion avec Dieu tout en adorant. Dieu murmura à mon cœur : « Ils sont venus pour tant de raisons différentes – mais ils sont venus! Et ils ont faim et soif de moi. Parle-leur de moi. » Le désir de communiquer l’amour de Dieu par l’écriture dramatique dans le cadre du culte d’adoration est né en moi ce matin-là. Je voulus alors, par le moyen d’une histoire, captiver les cœurs chargés de ressentiment et d’ennui, et apporter de la joie aux cœurs tournés vers Dieu. Le Seigneur me révéla leurs besoins ce matin de Pâques, puis il me montra les dons qu’il m’avait faits pour répondre à ces besoins. Il me demanda : « Les utiliseras-tu? »

Je répondis : « Oui ». Et je priai Dieu de m’accorder la sagesse pour écrire de manière à atteindre ceux qui sont tout près – et pourtant si loin à la fois. Lorsque je rédige des textes de théâtre avec une attitude de prière, Dieu entremêle sa sagesse et sa grâce à mon écriture. Son Esprit me pousse à puiser à même ma douleur la plus profonde et ma joie la plus exaltée. Il m’incite à écrire ouvertement, du fond de mon cœur, sans laisser la peur me retenir. Lorsque j’écris de cette façon, les gens me disent : « Dieu m’a parlé par cette pièce de théâtre. On dirait qu’elle a été écrite pour moi. »

Le dimanche matin, l’église se remplit de gens venus pour toutes sortes de raisons. Mais chacun est là, assez près pour que nous l’atteignions par les dons de l’écriture et de l’expression dramatique. Nous ne saurons peut-être jamais quelles vies nous touchons lorsque nous écoutons Dieu murmurer à nos cœurs et que notre écriture, baignée dans la prière, jaillit du plus profond de nous-mêmes.

– Père, lorsque j’écris, donne-moi d’être attentive au murmure de ta voix.

Texte de Jill Lamkin, extrait de l’ouvrage Team Devotions Manual, publié par DramaShare en 2003. Traduit par Chantal Bilodeau-Legendre, avec l’aimable autorisation de DramaShare, www.dramashare.org . DramaShare nous a fourni le contenu de cet article afin que nos visiteurs puissent en profiter. Si vous croyez ces informations utiles à votre ministère de théâtre, nous vous encourageons à considérer la possibilité de soutenir DramaShare en devenant membre. Voyez les diverses options en cliquant ici.
mai 20

Des histoires qui voyagent

Posté le 20 mai 2009 dans Théâtre et foi, Écriture

bigfoto-com-balloons-8e1Alsace, 1997 ou 98. Anne (du blog / choisislavie) et son mari ont à cœur de raconter l’histoire de Josué sous forme de comédie musicale, avec la participation de plusieurs enfants. Pour l’occasion, Claire-Lise Schmidt, cousine d’Anne, compose plusieurs chants. De ce projet naîtra peu après le très beau CD Terre promise, produit par l’association française Laisse-moi te raconter .

 

Québec, 2004. Les responsables de l’école du dimanche de mon église me donnent le CD Terre promise pour m’inspirer un projet de théâtre pour les enfants plus âgés de l’EDD. À plusieurs reprises, j’écoute les chants et lis les extraits du « journal » de Rahab, dans le livret accompagnant le disque. Des personnages prennent vie dans mon esprit, des dialogues résonnent dans ma tête. De ce disque naîtra peu après la pièce Terre promise, que nous avons publiée la semaine dernière dans notre rubrique Pièces.

 

Après avoir découvert notre script, Anne m’a écrit : « C’est super de savoir que depuis, de nombreux enfants se sont approprié ces mêmes paroles [de chants] et se sont construit des souvenirs inoubliables en travaillant sur des scénarios successifs et divers. » 

 

Le Seigneur fait voyager chants et textes par delà les océans. Il multiplie ses bénédictions, et je trouve ça génial! 

 

À propos d’écriture

Le disque Terre promise est bien structuré. Les chants s’enchaînent de façon logique et présentent, avec des rythmes et des styles variés, la trame de l’histoire de Josué et de ses victoires en Canaan. Écrire une pièce « autour » de ces chants a été facile, en un sens, car je disposais d’un bon fil conducteur.

 

Mais quand on part de zéro, comment s’assurer de bâtir une pièce bien structurée, tenue par un bon fil conducteur? Les articles suivants (qui traitent d’abord de mise en scène) vous donnent quelques éléments de réponse :

 

! Passera, passera pas?

! Le superobjectif et la ligne d’action principale

! L’intrigue

 

Alors, si le Seigneur vous met l’écriture à cœur, écrivez! Et qu’il fasse voyager vos récits!

 

Chantal